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A nous de reprendre l’offensive !

le 17 juin 2013, par Sandra Demarcq

Clément Méric a été assassiné parce qu’il était un militant antifasciste. L’annonce de ce meurtre a suscité beaucoup d’indignation et de colère. Au-delà de l’émotion et du deuil, il faut désormais s’atteler à la construction d’une riposte unitaire à l’extrême droite.

Photothèque Rouge/JMB

Mercredi 5 juin, Clément, membre de Solidaires ÉtudiantEs et de l’Action antifasciste Paris-Banlieue (AFA) a été assassiné par des militants des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), groupuscule de skinheads influencé par les SA des années 30. Ce meurtre politique illustre la confiance dans laquelle se trouvent aujourd’hui les militants d’extrême droite, notamment après la séquence « manif pour tous ». Confiance renforcée par les reculs et les renoncements, sur ce plan comme sur tous les autres, du gouvernement. Quand ce n’est pas ce même gouvernement qui est lui-même à l’offensive, contre par exemple les Roms ou les sans-papiers…

L’assassinat de Clément met en lumière la montée des violences perpétrées par l’extrême droite depuis plusieurs mois : attaques de couples et de lieux publics LGBT, attaques de camps de Roms, agressions contre des militants du mouvement ouvrier, contre des femmes voilées.

Face à cette situation, l’enjeu est clair : la confiance doit changer de camp. L’extrême droite ne doit pas pouvoir parader dans la rue et y agresser qui elle veut. Il doit y avoir une réaction populaire, collective, pour l’en empêcher. Cela passe aujourd’hui par la construction d’un mouvement de masse qui pèse sur le rapport de forces général, qui montre que contre l’extrême droite, le FN et le fascisme, nous pouvons nous mobiliser massivement.

Manifester, s’organiser

Suite à l’annonce du décès de Clément, les premières mobilisations sur tout le territoire ont été rapides et importantes, réunissant localement une bonne partie du mouvement social et des personnes légitimement émues par ce qui s’est passé. À l’initiative de l’Action antifasciste, la marche de samedi dernier à Paris a rassemblé plus de 4 000 personnes (d’après la police) : c’est un premier succès… mais qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Face au pire de la réaction, nous devrions être des centaines de milliers dans la rue !

À l’initiative de Solidaires, une réunion unitaire nationale s’est tenue lundi soir, regroupant une quarantaine d’organisations : syndicats (Solidaires, CGT, FSU), associations (dont différentes composantes de l’antifascisme et de l’antiracisme), partis politiques (à la gauche du PS). Ces organisations se sont mises d’accord pour un week-end de mobilisation contre l’extrême droite et le fascisme les 22 et 23 juin prochain avec, en point d’orgue, une grande manifestation à Paris le 23 juin. La réunion a également acté le lancement au niveau local, départemental ou régional, de collectifs unitaires larges pour impulser les manifestations et animer la mobilisation dans les régions.

Au-delà de ces manifestations, il est nécessaire sur le long terme de remettre en place au niveau national et local un cadre militant pérenne s’appuyant sur des réseaux de mobilisation antifasciste. L’objectif ? Déconstruire le discours de l’extrême droite mais également réagir aux interventions de celle-ci, dans les quartiers, les entreprises, les facs et les lycées, par des actions de masse. C’est l’enjeu de ces prochains mois.

Sandra Demarcq