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Antifascisme : refusons la criminalisation

le 17 mars 2013, par Ced Pikto

Le 20 février, le Tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict concernant les 10 militants antifascistes qui, en mars 2012, avaient participé à une action de protestation contre la tenue des assises du Bloc identitaire « La France en danger » à l’Espace Charenton.

Nous avons été condamnéEs à des peines d’amendes allant de 500 à 1 250 euros et à deux mois de prison avec sursis pour l’un d’entre nous, soit des peines supérieures à celles requises par le parquet. De plus, nous sommes condamnéEs à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à l’Espace Charenton et 300 euros à la Mairie de Paris. Le propriétaire de la salle s’était en effet opportunément déplacé au procès pour réclamer de l’argent au regard du soi-disant préjudice subi par ses employés et surtout d’un manque à gagner commercial en raison de son incapacité à conclure de nouvelles affaires avec les Identitaires pour l’instant…

Répression politique

Notre avocate a dénoncé la répression dont nous faisons l’objet. Notre détention durant 62 h et notre interrogatoire dans les locaux de la section antiterroriste de la brigade criminelle – au motif de tags et d’affiches – étaient déjà en soi proprement scandaleux. Mais ce n’était visiblement pas suffisant pour les juges, probablement agacées par notre attitude collective consistant à revendiquer notre combat antifasciste.
Nous avons donc décidé de faire appel de cette condamnation particulièrement réactionnaire. Notre action visait à informer la population du danger que représentent les fascistes du Bloc identitaire, et s’inscrivait dans le cadre d’une mobilisation unitaire d’associations, organisations syndicales et politiques contre la tenue de leurs assises racistes.

Nous avons besoin de soutien afin de créer un rapport de forces suffisant pour casser cette condamnation en appel. Aucun acharnement judiciaire ne nous fera taire : nous continuerons à nous battre pour contester le droit aux groupes fascistes, du Front national aux groupuscules nazis, d’exprimer en toute tranquillité leur propagande de haine.

Ced Pikto