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Communiqué : Face au « colloque de la honte » au théâtre de Condom

le 27 octobre 2016, par Collectif gersois antifasciste

Face au « colloque de la honte » au théâtre de Condom Un rassemblement réussi à l’appel du Collectif Gersois Antifasciste

Samedi 15 octobre 2016, à partir de 11h, à l’appel du Collectif gersois antifasciste et de l’Association nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis - Comité Midi-Pyrénées -, un peu plus de 40 personnes se sont réunies devant le théâtre de Condom, occupé par des pieds noirs nostalgiques de l’Algérie française appartenant à une association nommée le Cercle Algérianiste du Gers.

Ces derniers qui prétendent écrire l’histoire avaient programmé initialement, dans le cadre de leur « colloque », un hommage au terroriste Jean Bastien-Thiry, qui, pour le compte de l’OAS (Organisation Armée Secrète), avait organisé l’attentat du Petit-Clamart en août 1962 contre De Gaulle. Les membres de l’OAS sont pour eux des héros et c’est à ce titre que, initialement toujours, était invité Roger Holeindre. Après son engagement dans l’action terroriste de l’OAS, ce personnage participa à la fondation du Front National en 1972 aux côtés de Jean-Marie Le Pen et il est aujourd’hui engagé dans le Parti de la France de Carl Lang.

Suite à une lettre ouverte aux élus du Conseil municipal de Condom envoyée par le Collectif gersois antifasciste et l’Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis - Comité Midi-Pyrénées -, largement diffusée et relayée par la presse, le Cercle algérianiste avait opéré une modification de programme en dernière minute, en supprimant le terme « hommage » au sujet de Jean Bastien-Thiry et en décommandant la venue de Holeindre. Nous nous nous sommes félicités de cette petite reculade forcée mais le fond du problème demeurait à nos yeux.

Le théâtre allait toujours être occupé par des gens qui n’ont pas digéré l’émancipation du peuple algérien, qui nient ce que fut la colonisation, un système de domination profondément inégalitaire, injuste, raciste et violent et qui à l’inverse en font l’éloge comme par exemple le 14 mars 2015 à Béziers. Ce jour-là, Robert Ménard, maire de la ville, a rebaptisé une rue du nom de « Hélie Denoix de Saint-Marc » un commandant de l’armée française qui participa au putsch des généraux en avril 1961, alors que cette rue portait le nom de « rue du 19 mars 1962 » en référence aux accords d’Evian qui initièrent le processus d’indépendance de l’Algérie. À cette occasion, le Cercle algérianiste était en première ligne et lorsque Ménard lança « L’Algérie c’est notre paradis », les nostalgiques du « bon vieux temps » lui répondirent aux cris de « Vive l’Algérie française ».

C’est pour faire face à cette entreprise de réécriture et d’instrumentalisation de l’histoire au sein d’un lieu habituellement dédié à la culture et à l’ouverture sur le monde que le rassemblement a été maintenu. Deux très grandes banderoles ont été déployées : « NON AUX TERRORISTES PRO ALGERIE FRANÇAISE ICI ET AILLEURS » et « STOP À L’APOLOGIE DE LA COLONISATION AU THÉATRE ».

Les personnes présentes au rassemblement, majoritairement des Condomois•e•s, dont des élus de l’opposition, ont pu apprécier la sympathie des passants ainsi que l’énervement très visible des quelques pro-OAS qui ont jeté un coup d’oeil en notre direction. Par ailleurs, nous savons que la présidente du Cercle Algérianiste du Gers, Marie-Paul Garcia, 1e adjointe au maire de Condom (ce qui explique que les portes du théâtre soient grandes ouvertes à cette association), fut très contrariée par la publicité de son « colloque » réalisée par nos soins et par notre rassemblement. Nous nous en réjouissons et nous lui faisons savoir que ce n’est qu’un début si elle décide à l’avenir de rééditer une telle initiative.

Face à la présence de l’extrême-droite et à la diffusion de ses idées nauséabondes, le Collectif gersois antifasciste répondra toujours présent.

Voir en ligne : Page Facebook du Collectif gersois antifasciste