Actualités

Contre l’extrême droite et toutes les politiques d’austérité, répondre à l’urgence sociale

le 24 mai 2012, par Raymond Adams

Nos camarades du bassin minier ont décidé unanimement de présenter la candidature de Séverine Duval dans la 11e circonscription du Pas-de-­Calais où se présentent Marine Le Pen (31, 42 % des voix au 1er tour de la présidentielle) et Jean-Luc Mélenchon (14, 85 %). Alors que toutes les autres forces politiques se maintiennent, que nous appellerons évidemment à battre Le Pen au second tour en votant pour le candidat de gauche le mieux placé, notre candidature est non seulement légitime mais nécessaire.

« Bataille homérique », « Finale des perdants »…, le jeu médiatique donne à l’élection à Hénin­-Beaumont une dimension nationale, emblématique à plus d’un titre.

Arrivé en tête au premier tour de la présidentielle dans la circonscription, le FN voudrait faire son retour à l’Assemblée nationale en récoltant les fruits d’années d’implantation dans le bassin minier du Pas-de-Calais ravagé par le chômage et la crise. Comme dans de nombreuses communes du Nord-Pas-de-Calais, le désespoir, la colère sociale, fruits de 30 ans de politiques antisociales menées par la gauche et la droite, ajoutés aux scandales affairistes du PS local, ont nourri le vote pour l’extrême droite (41 % au deuxième tour des législatives en 2007), à tel point que le FN est arrivé en tête dans de nombreuses communes PCF dans la région.

Si la candidature de Mélenchon a été accueillie dans les cercles militants et syndicaux souvent avec l’espoir, enfin, d’un combat politique sans concession contre la démagogie, les mensonges et le poison raciste distillés par le FN, il n’en reste pas moins que la lutte contre l’extrême droite ne peut se résumer à un match électoral ou un combat singulier… Le parachutage de JLM dans une circonscription qui n’est tenue ni par le FN ni par la droite mais par le Parti socialiste n’est pas une réponse. Bien plus que contre Marine Le Pen, ce dernier joue sa carte personnelle face au PS auquel il rêve, non sans raison, de prendre cette circonscription. Nous sommes pour l’unité contre l’extrême droite mais sur des bases politiques claires discutées dans le respect réciproque, une unité qui n’a rien à voir avec une opération médiatique d’un ancien ministre qui confond les caméras de télévision avec les barricades !

Il serait complètement erroné de nous prêter à ces manœuvres politiciennes, les classes populaires ont besoin de bien d’autres perspectives et défendre notre politique, ce n’est pas être sectaire : c’est une question de démocratie, une évidence dont nous n’avons pas à nous justifier.

Nous voulons faire une campagne « contre l’extrême droite et toutes les politiques d’austérité, répondre à l’urgence sociale ». Face au FN, il faut prendre le problème à la racine, satisfaire les exigences des classes populaires, œuvrer à la construction d’une opposition de gauche à la politique d’austérité du gouvernement.

Nous ferons tout pour battre Marine Le Pen, mais, à l’heure où Hollande prépare une austérité de « gauche » qui alimentera les désillusions et le terreau sur lequel le FN prospère, et où des dirigeants du Front de Gauche n’ont toujours pas clarifié la question de leur participation ou de leur soutien au futur gouvernement, la nécessité d’une gauche combative, indépendante du PS, qui œuvre au regroupement de toutes les forces, qui seront une opposition à la politique de rigueur promise par Hollande, est vitale.

Raymond Adams