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Faire face à la réaction

le 5 février 2014, par Antoine Pelletier

Avec environ 20 000 manifestantEs pour le « jour de colère » la semaine dernière, le « jour du retrait de l’école » lundi 27 janvier, et ce dimanche 100 000 manifestantEs contre la « loi famille » et le mariage homo, les réactionnaires de tout poil ont le vent en poupe. Ce qui est horrifiant avec ces manifestations, c’est que l’on peut y croiser, dans le désordre, un maghrébin homophobe, une femme antisémite, un juif islamophobe, un antillais nationaliste et des nazillons qui beuglent des slogans contre tous ceux qui précèdent…

Après ces deux manifestations, le gouvernement s’est empressé de renoncer aux dernières promesses progressistes qui avaient une vague chance d’être mises en œuvre, en reportant la « loi famille », avec notamment la procréation médicalement assistée.

On savait déjà que le Medef commandait la politique économique du gouvernement. Maintenant, c’est l’extrême droite qui décide de sa politique de société. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas de hasard : pour faire passer des attaques aussi radicales que la remise en cause de pans entiers de la Sécu, 35 milliards de cadeaux aux entreprises, ou encore la casse de l’inspection du travail, patronat et gouvernement ont tout intérêt à cultiver la division parmi les travailleurs et l’ensemble de la population, ce qui donne inévitablement confiance aux secteurs réactionnaires.

C’était le sens des attaques contre les Roms, de l’opération publicitaire de Valls « contre » Dieudonné, de l’autosatisfaction de Valls concernant l’augmentation des expulsions de sans-papiers…

Mais la résistance et la solidarité internationale existent : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Europe contre la loi espagnole anti-avortement, dont 40 000 en France.

Face à la division selon la couleur de la peau, la culture, les pratiques sexuelles ou religieuses, face à la montée de l’extrême droite, il n’y a qu’une issue : que le clivage entre les classes sociales reprenne le dessus, que nous parvenions à développer une mobilisation commune de tous les oppriméEs et les exploitéEs, un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement et ce système en crise.

Antoine Pelletier