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[Gironde] Droite et extrême-droite : décomposition et recomposition

le 23 mai 2018

Article extrait de la revue "Anticapitalistes !" du NPA 33.


Comme le PS, la droite n’en finit pas de se décomposer. Les défaites électorales, les scandales de ses dirigeants, l’incapacité à satisfaire les appétits de pouvoir de ses notables atomisent le parti des Républicains. Ce rassemblement d’écuries électorales pour servir les intérêts des riches et du patronat subit la pression de LREM… qui fait ça très bien, si on en croit le Medef. Du coup, en Gironde comme ailleurs, chacun joue sa carte pour se positionner pour les élections municipales de 2020, c’est leur seule préoccupation. Certains avec Wauquiez, comme l’ex-protégée de Juppé, Virginie Calmels ; d’autres avec Macron, comme Juppé ; d’autres en solo... Et quelques seconds couteaux à l’avenir bouché font le pari d’une alliance avec le FN.

C’est dans ce contexte que s’est tenue une réunion avec le maire d’extrême-droite de Béziers, Robert Ménard, le 5 mai, à Saint-André-de-Cubzac, organisée par des élus locaux pour une recomposition de la droite et de l’extrême-droite.

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Dans le journal Sud-Ouest, le 29/03/2018

La visite bousculée a été largement médiatisée et continue de l’être vu que Ménard annonce qu’il attaque en justice pour apologie de la violence tous ceux qui osent simplement écrire qu’ils se sont réjouis de le voir pris à partie par des opposants. Visiblement, il n’était pas habitué... Cela a d’ailleurs suffi pour que des élus PS et LREM présents s’excusent du mauvais traitement qui lui a été infligé, de la République…

Cette réunion faisait suite à la publication du manifeste « Pour la France », fin mars par des élus de Dupont-Aignan et du FN, comme Edwige Diaz, élue à la Région, qui assure « Nous avons demandé l’autorisation à Marine Le Pen, parce que nous sommes disciplinés ». On n’en doute pas, et tout cela ne peut que convenir au FN comme stratégie pour accéder au pouvoir.

En avril, c’est un « appel d’Angers pour l’unité de la droite » qui a été lancé par des anciens ministres en panne de carrière, Thierry Mariani, Christine Boutin, Charles Million, avec aussi Ménard, Bompard, maire d’extrême-droite d’Orange, et plusieurs élus de Haute Gironde, notamment ceux qui avaient déjà publié le manifeste avec le FN.

Ils sont rejoints aussi par des proches de Calmels qui ont claqué la porte début mai, estimant qu’elle servait de « caution de gauche de Laurent Wauquiez » et qu’elle avait une « attitude trop modérée au sein des Républicains sur les questions régaliennes, en particulier sur l’immigration ». Pas assez nationaliste, raciste et réac en somme pour concurrencer Le Pen et pour se démarquer de Collomb, qui n’a pas eu beaucoup à forcer son talent pour prendre la suite de Valls sur le même mode de la démagogie chauvine pour durcir la chasse aux migrants, aux sans-papiers et aux militants de plus en plus nombreux qui les aident.

Ce petit monde de « l’union des droites » tente sa chance pour occuper une place sur le terrain de la démagogie chauvine et raciste. Ils postulent au pouvoir en flattant les pires préjugés réactionnaires pour essayer de récupérer l’électorat déçu par Le Pen après la présidentielle. D’autres continueront à utiliser le chantage au « front républicain » pour faire barrage au FN, invoquant de prétendues « digues étanches »…

Tous tablent sur la démoralisation que provoque la politique de Macron et espèrent en tirer profit. Ce n’est pas écrit. Avec les mobilisations, une autre opposition se fait entendre dans la rue, sociale, démocratique, solidaire, antiraciste, qui peut avoir la force de balayer tous les préjugés réactionnaires si elle s’organise et se donne l’objectif de défendre les intérêts de tous les travailleurs quelles que soient leurs origines. Elle peut changer la donne et faire reculer les différentes cliques politiciennes au service du patronat, qu’elles se revendiquent du modernisme de la finance mondialisée ou des frontières moisies des Etats nationaux.

L.M.