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Grèce : retour à la barbarie

le 24 avril 2013, par Andreas Sartzekis

Un pas supplémentaire dans la violence raciste s’est produit cette semaine dans la région de Patras : 200 ouvriers agricoles immigrés du Bangladesh se sont fait tirer dessus par les 3 ’’surveillants’’ d’un gros producteur de fraises de la région, et cela alors qu’ils venaient réclamer leurs 6 mois de salaires non versés...

Bilan : 28 blessés, dont plusieurs assez gravement, dans ce qui ressemble à la jungle sociale des siècles passés. Or, on aurait tort de croire que c’est là un acte isolé : d’abord, parce qu’il a lieu dans un climat où les assassins nazis de Chryssi Avgi continuent à agir impunément, ce qui a d’ailleurs valu au gouvernement Samaras une mise en garde du Conseil de l’Europe. Ensuite parce que cela fait des années que les syndicats et les associations de soutien aux immigrés dénoncent la violence locale à l’œuvre, connue donc des ’’autorités’’ : conditions de travail effroyables dans les serres, non paiement des rémunérations, les ouvriers virés par les milices patronales s’ils protestent ou dénoncés aux flics comme étant sans papiers, violences et intimidations contre les ouvriers et leurs soutiens. Entre autres barbaries, les miliciens avaient récemment traîné en voiture un ouvrier égyptien dans le bourg de Manolada, après lui avoir frappé les mains avec un marteau.

Les responsables

Si ’’les autorités’’ se taisent alors qu’elles savaient, c’est bien sûr parce que ce moyen âge social est sur le fond ce qu’elles recherchent, sous l’ordre de l’UE et du FMI : absence de droits (on ne compte plus les milliers de travailleurs bossant sans être rémunérés depuis des mois), utilisation du racisme par l’État, tout cela avec l’affirmation que cela relancera la production ! La société en cause, Vanguelatos, est une belle illustration de ce projet anti-social, et se vante de fournir en fraises les grandes chaînes comme Carrefour, Metro…

La riposte doit donc être à la hauteur des enjeux. Les initiatives militantes (le Réseau, blogs...) pour le boycott des fraises de la région de Manolada sont importantes mais ne suffisent pas. Les indispensables rassemblements unitaires contre le racisme et les attaques anti-ouvrières, en Grèce et à l’étranger, doivent bien pointer les véritables responsabilités : la bourgeoisie européenne autour des Merkel et Hollande avec leurs memorandums barbares contre les travailleurs et leurs droits.

D’Athènes, A. Sartzekis