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Hénin-Beaumont : après le 1er tour

le 13 juin 2012, par Raymond Adams

Marine Le Pen est peut-être en passe de réussir son pari et permettre le retour du Front national à l’Assemblée nationale. Avec 42, 26 % des voix sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais (plus de 48 % dans la ville d’Hénin-Beaumont et au-delà sur certains bureaux de vote), elle améliore de neuf points son score de la présidentielle.

Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est un double échec. Lui qui voulait concurrencer le PS et montrer, en prolongeant l’affrontement de la présidentielle, qu’il était le mieux à même de battre le Front national dans une circonscription historiquement acquise au PS, arrive finalement en troisième position (21, 48 %), derrière Philippe Kemel (23, 50 %), le candidat du PS.

Jean-Luc Mélenchon, qui promettait de faire « raser les murs » au FN, a échoué à gagner les voix des catégories paupérisées par la crise qui se tournent vers l’extrême droite ou à les détourner de la démagogie populiste et xénophobe de Marine Le Pen, même s’il gagne 1 000 voix dans la circonscription par rapport à la présidentielle.

S’il s’agissait de battre le FN sur le terrain électoral, la logique aurait pourtant voulu de renoncer à se présenter dans cette circonscription puisque tous les sondages montraient que le candidat du PS bénéficiait d’un score plus important face à Marine Le Pen au second tour.

Le choix fait par le Front de Gauche de parachuter Jean-Luc Mélenchon et de braquer tous les projecteurs sur cette circonscription permet aujourd’hui à Marine Le Pen de fanfaronner d’autant plus qu’elle peut désormais se prévaloir d’une deuxième victoire sur Mélenchon après celle de la présidentielle. De prétendre aussi que c’est bien elle et pas le Front de Gauche qui incarne le mieux la colère de tous les laissés-pour-compte, des précaires, des chômeurs.

Car au-delà des guerres d’affiches, des faux tracts, des coups bas qui ont empoisonné la campagne, face au parachutage de dernière minute de Mélenchon qui ne pouvait renverser la donne, Marine Le Pen a eu beau jeu de se prévaloir d’une implantation de terrain, d’un véritable ancrage dans les quartiers populaires.

S’il y aura un rassemblement des forces de gauche derrière le candidat du PS pour battre Marine Le Pen au second tour, l’échec de Mélenchon souligne qu’il n’y a pas de raccourci sur le terrain de la politique spectacle ou du marketing électoral pour battre le FN qui prospère sur le terreau de la crise et qui ne doit, depuis longtemps déjà, son absence à l’Assemblée nationale qu’à l’absence de toute représentation proportionnelle aux élections législatives.

Il faut prendre le problème à la racine : la lutte contre le FN passe par la réponse à l’urgence sociale. Elle implique une politique de rupture avec le libéralisme et toutes les politiques d’austérité. Elle appelle un front sur le terrain des mobilisations, des grèves de toutes les forces politiques, syndicales, associatives, militantes indépendantes du PS pour organiser dès maintenant la riposte contre l’austérité promise par Hollande.

Raymond Adams