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In nomine facho

le 27 février 2017, par Christian Laine

Il y a 40 ans jour pour jour le 27 février 1977, quelques centaines de catholiques intégristes lefebvristes (refusant les réformes de Vatican II) occupaient l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris. Parmi les "envahisseurs" qui forcèrent les portes de l’église se trouvait un futur haut responsable du FN : Wallerand de Saint-Just. Il est assez ironique de le voir, 40 ans après, se poser en défenseur de la laïcité contre l’islam. Il était moins laïc dans sa jeunesse...

Ce jour-là, le curé officiel de Saint-Nicolas du Chardonnet, le père Bellego, fut chassé de son église. L’archevêque de Paris, le cardinal Marty, demandera en vain l’intervention de la police. Il faut dire que le ministre de l’intérieur de l’époque, Michel Poniatowski, était un catho traditionnel .... et il ne fallait pas trop compter non plus sur le tout nouveau maire de Paris Jacques Chirac dont la femme Bernadette était très liée aux plus réacs de l’Église.

Depuis 40 ans, Saint-Nicolas du Chardonnet est donc illégalement squattée en toute tranquillité : les 15 000 familles pauvres expulsées de leurs logements chaque année en France n’ont pas cette chance, eux ! Les Lefebvristes y installèrent successivement l’abbé Ducaud-Bourget (1977-84), ex-aumônier de l’hôpital Laennec, puis l’abbé Philippe Laguérie (1984-2003), Xavier Beauvais (2003-2013) et l’actuel abbé Patrick de la Rocque (2014). D’autres églises seront occupées ou achetées dans les années suivantes par les Lefebvristes notamment dans les Yvelines ou en Provence.

40 ans et toujours bêtes et méchants !

Saint-Nicolas du Chardonnet va devenir le principal centre de ralliement des catholiques intégristes et d’une partie de l’extrême droite. Ils vont "afficher la couleur" assez vite en célébrant en 1978 les obsèques du n°2 du FN François Duprat. En 1988, un cinéma du boulevard Saint-Michel (à quelques centaines de mètres de Saint-Nicolas) est incendié pour avoir projeté La dernière tentation du Christ de Martin Scorcèse. L’abbé Laguérie déclare : "Qui sème le vent récolte la tempête. Quand l’honneur de Dieu est en jeu, il faut réagir". En juillet 1996, ce seront les obsèques cette fois de Paul Touvier, collabo et ancien chef de la Milice lyonnaise, et en 1998 une messe en l’honneur du négationniste Maurice Bardèche. Marine Le Pen y fait baptiser ses 3 enfants. Dernier "coup d’éclat" : lors d’une manif de Civitas en 2013, l’abbé Beauvais filmé en train de crier "Y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira".

Alors que les Lefebvristes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont en négociation avec le Vatican pour réintégrer l’Eglise officielle (peut être cette année, si Dieu veut ...), pas sûr que l’Eglise sorte grandie de ce retour !