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Justice : le vernis bleu marine se lézarde

le 27 juillet 2014, par Ischia Procida
Marine le Pen et Anne-Sophie Leclère

Le vernis bleu marine censé masqué le Front national se fissure encore quelque peu... Malgré les tentatives de « dédiabolisation » de Marine Le Pen, lors des dernières échéances électorales, de nombreux candidatEs n’ont pas joué le jeu, affichant ouvertement leurs opinions racistes voir fascistes. CertainEs ont été (r)attrapéEs...

Lors des « Manifs pour tous », de nombreuses vidéos avaient circulé, vidéos assimilant Christiane Taubira à un singe, ne faisant aucun doute quant à la participation d’individus ouvertement racistes à ce mouvement. Aux dernières municipales, la candidate Anne-Sophie Leclère, tête de liste FN à Rethel dans les Ardennes, avait publié sur son réseau social une photo comparant une fois de plus Christiane Taubira à un singe. Une fois l’affaire médiatisée par un reportage de France 2, elle avait été exclue du Front national par Marine Le Pen, comme elle en a désormais l’habitude quand les réelles opinions racistes et xénophobes de ses ouailles s’expriment trop publiquement. Cela avait déjà été le cas pour d’autres candidatEs, ces faits nous rappelant la vraie nature de l’extrême droite et de ses idées nauséabondes.
Suite à une action en justice, la condamnation du tribunal de grande instance est tombée mardi 15 juillet : neuf mois de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité pour l’ex-candidate, auquel s’ajoute 50 000 euros de dommages et intérêts à régler conjointement avec le FN, et 30 000 euros à régler pour le Front national.
Nous pouvons nous réjouir que de tels actes racistes soient lourdement condamnés, sans entrer dans le débat de ce que serait une juste condamnation de tels actes. Nous aurions aimé qu’il en soit autant avec les nombreux « dérapages » contrôlés du père Le Pen, qui joue toujours le jeu de l’arrière garde ultra-réac indissociable de l’opération propreté de la fille. Il n’aura jamais connu les barreaux pour ses déclarations racistes et antisémites.

Une première judiciaire

Cette bien maigre réjouissance comporte malgré tout un élément qui questionne. Le FN en tant que parti a bel et bien été condamné. Une première qui n’a pas échappé aux plus fins observateurs. Bien entendu, nous ne pleurerons pas sur le sort du parti de nos ennemis, et c’est une bien maigre somme qui leur est demandé et qui ne suffira pas à éteindre sa flamme. Mais la jurisprudence qu’elle crée peut aussi se retourner contre toutes les organisations politiques.
Car le droit est clair : jusqu’à présent, les seuls condamnables étaient les auteurs, éditeurs, imprimeurs ou diffuseurs, ce que n’était pas le Front national dans le cas présent. Du coup, il s’agit bien d’une condamnation politique qui, sur la forme, pourrait à l’avenir se retourner contre n’importe quel parti ou organisation. Ainsi, unE candidatE investiE qui exprimerait une opinion personnelle, déraperait, ferait – comme lui permet le code électoral – ce qu’il veut sans en référer à son organisation politique, entraînerait la responsabilité de celle-ci...
À l’extrême droite en particulier, les castings électoraux vont donc se resserrer, et Marine Le Pen va devoir trouver de bons candidats bipolaires, c’est à dire lisses et notables le jour, et racistes la nuit. En attendant, un appel à soutien a été lancé pour récolter des dons en faveur de la candidate raciste condamnée qui persiste et signe : « Aidez Anne-Sophie Leclère, victime de la justice bananière ». Dégueulasse jusqu’au bout...