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Le pathétique destin des enfants d’Pétain

le 21 juin 2014, par Commission nationale antifasciste

"Tant qu’il le faudra", le blog de la commission antifasciste et anti extrêmes-droites du NPA a aujourd’hui un an.

Des dizaines d’articles d’analyse, produits par nos soins ou par d’autres ont été publiés sur ce site.

LA CNAF s’apprête à publier, sous format numérique dans un premier temps, une (volumineuse) brochure sur les extrêmes droites françaises depuis 1945 : "Le pathétique destin des enfants d’Pétain".

En avant goût, en voici un projet de couverture et l’introduction.

La CNAF profite de cette occasion pour remercier celles et ceux qu’elle côtoie dans son combat : notre correctrice, ses correspondant-e-s... ainsi que les sites ou organisations ami-e-s en France comme à l’étranger : VISA, La Horde, les comités de vigilance qui se multiplient à travers le pays...et celles et ceux qui au quotidien refusent que ne se banalise le discours des extrêmes droites. Alors... Tant qu’il le faudra !

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I’m going into this battle. And take my union gun. We’ll end this world of slavery
Before this battle’s won. You’re bound to lose. You fascists bound to lose !
All You fascists
, Woody Guthrie

Le pathétique destin des enfants d’Pétain 

Introduction

Lors d’une interview en ligne accordée le 2 octobre 2013 à l’hebdomadaire L’Express, Marine Le Pen annonce : « Nous ne sommes absolument pas un parti de droite, ceux qui le pensent font une erreur d’analyse totale ». Elle poursuit : « Je m’élève encore plus contre la formulation d’extrême droite », avant de menacer d’« actions en justice » celles et ceux qui qualifieraient son parti, le Front national, de la sorte.
Dominée par la position hégémonique du Front national depuis quarante ans, l’extrême droite française interroge le mouvement social et antifasciste, tant par sa longévité que par sa capacité à se reconstruire quand on l’a crue réduite au silence. Malgré les scissions et les affrontements stratégiques qui ont maintes fois semblé l’avoir asphyxiée, l’extrême droite française est parvenue à se maintenir sur la scène politique.
En dépit de l’indigence de son programme et de son absence de ligne politique, économique et sociale stable, comment ce courant, sorti complètement discrédité de la Seconde guerre mondiale à cause de sa collaboration avec l’Allemagne nazie et sa participation active au régime de Vichy, a-t-il réussi le tour de force, non seulement de créer les conditions d’une union autour d’un « front nationaliste », mais de devenir un élément politique incontournable du paysage politique français au point de voir Sarkozy, Copé et une partie de l’UMP se mettre à parler comme le FN pour séduire démagogiquement ses électeurs ?

Nous proposons ici de revenir aux prémisses de la création de ce « compromis nationaliste » inédit. Adaptant un discours prétendument anti-système au gré des majorités successives, ce Front n’a eu de cesse de chercher à s’immiscer dans le débat politique pour y injecter les deux thématiques qui le fondent : la préférence nationale et l’immigration, deux facettes d’un même projet liberticide et anti-social. Après avoir parcouru l’histoire de ce Front national que l’Europe brune nous envie au point de l’avoir souvent érigé en modèle, nous étudierons les « mythes et réalités » des changements survenus avec l’élection de Marine Le Pen à sa tête en janvier 2011. Enfin, après quelques mises au point sémantiques ‑fasciste ? populiste ? d’extrême droite ?-, nous exposerons les outils de lutte contre une chimère politique qui se développe sur l’inertie des forces de gauche, seules à même de fournir « la » véritable alternative sociale.