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Le Pen : « Au nom du peuple »… et du capital

le 23 septembre 2016, par Yvan Lemaitre

« C’est en candidate du peuple que je me présente devant vous. Je veux vous parler de la France, et de rien d’autre »... C’est ainsi que Marine Le Pen a lancé sa campagne pour la présidentielle à Fréjus lors des « Estivales de Marine Le Pen ». Le FN est mis de côté au profit de la seule candidate de la droite extrême et de l’extrême droite à être sûre d’être dans la course sans avoir à affronter des primaires et, selon toute probabilité, à être présente au second tour.

Elle peut se payer le luxe de laisser Sarkozy and co, emportés par leurs surenchères rivales, reprendre avec zèle sa démagogie réactionnaire, raciste et xénophobe, pour essayer de se donner la stature d’un chef d’État en vue du second tour en rassemblant au-delà de son propre parti. «  Au nom du peuple » et de « La France apaisée » ! Elle n’oublie cependant pas de dénoncer la « religion multiculturaliste » et ses dangers de « guerre civile » à propos de « ces peuples qui n’ont pas vocation à être en France, mais que nous n’avons ni droit ni raison de critiquer chez eux, sur leur terre et dans leur histoire ». L’apaisement a encore du chemin à faire...

L’Union européenne est accusée d’être responsable de tous les maux du pays, obstacle au « patriotisme économique » dont elle se veut la plus vigoureuse partisane. « La France libre, la France maîtresse de ses lois, de son économie, de sa monnaie et gardienne de ses frontières, voilà la condition de toute politique nationale », et de vanter un « capitalisme national ». De toute évidence, Marine Le Pen, dans sa course au pouvoir, veut se défaire de son image anti-système quasi contestatrice du capitalisme et défend le système qu’elle entend servir demain, celui des banques et des patrons. Ainsi, son programme est d’un libéralisme bon teint : elle veut que « s’allègent les contraintes et l’injustice fiscale, les contraintes réglementaires et juridiques qui sanctionnent la réussite et découragent l’initiative ». Un libéral-nationalisme qui prétend combattre le « capitalisme mondialisé » : protectionnisme, repli sur les frontières et sortie de l’euro, voilà son programme pour servir les intérêts du capital.

Un discours de plus en plus au goût du jour dans les milieux patronaux qui veulent pouvoir exploiter les salariéEs comme bon leur semble tout en ayant à leur disposition un État tout dévoué. Et une politique contre le peuple grugé, bâillonné, sacrifié sur l’autel des profits et du chauvinisme.