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Le Pen : sacrée famille

le 19 avril 2013, par Alain Pojolat

La crise politique, avivée par un activisme tous azimuts de leurs amis identitaires, cathos intégristes ou des jeunesses nationalistes, leur augurait une fin avril dorée comme l’aube, à engranger tranquillement la rente électorale et organisationnelle de cette situation… Pourtant les Le Pen se retrouvent sous les feux de l’actualité, éclaboussés eux aussi par les « affaires » et les fréquentations sulfureuses.

Ce fut tout d’abord la petite dernière, Marion Le Pen Maréchal – nous voilà – qui ouvrait le bal, avec la publication d’une photo prise lors de la fête du quarantième anniversaire du FN où elle pose en compagnie de fascistes de la pire espèce, dont Baptiste Coquelle et Edouard Klein, membres connus du GUD, groupe paramilitaire tristement célèbre. Baptiste Coquelle qui, sur une autre photo, n’avait pas hésité à poser casque SS visé sur la tête et faisant le salut nazi devant un drapeau frappé de la croix celtique. Niant l’évidence, avec son atavique aplomb, la donzelle depuis répète en boucle « Je ne suis pas d’extrême droite ». Sa tante, Marine, n’avait, elle non plus, pas hésité à nier l’évidence de cette proximité idéologique, en se rendant à Vienne l’an passé à l’invitation du parti d’extrême droite FPÖ pour un « bal pangermaniste »…

Mains sales…

Mais « l’image de marque » de la famille, fortement écornée, en a encore pris un coup avec la publication sur le site Mediapart, d’éléments troublants sur la gestion du patrimoine du richissime patriarche lui-même. Hors de lui, Jean-Marie Le Pen, qui s’était fait oublié depuis quelque temps, donnait une conférence de presse au cours de laquelle il fustigeait, fidèle à son habitude, les « journalistes Kgbistes » qui ont osé faire leur travail.

L’enquête continue, mais il est déjà établi que le trésorier de l’association de financement du FN, Cotelec, a par le passé monté plusieurs sociétés offshore pour le compte des frontistes. Quant à la fortune personnelle de Le Pen, il est avéré que le manoir de Montretout (le mal nommé) a été fort habilement mis sous le régime d’une SCI (société civile immobilière) permettant à son propriétaire d’échapper en grande partie à l’impôt sur la fortune… Pris eux aussi la main dans le pot de confiture, les Le Pen pourront à l’avenir difficilement tenir leur devise « mains propres et tête haute ».
Les anticapitalistes sauront rafraîchir les mémoires défaillantes de leurs partisans.

Alain Pojolat