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« Les travailleurs n’ont pas de patrie »

le 30 juin 2016, par Yvan Lemaitre

Marine Le Pen a salué le Brexit comme une « victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l’Union européenne ». Elle rêve que cette dite « victoire » soit pour elle un renfort inespéré dans son ambition présidentielle, en venant encourager les préjugés dont elle a fait son fonds de commerce, le nationalisme et le chauvinisme, la peur de l’autre et le repli sur soi, le racisme. Elle espère bénéficier elle aussi du mécontentement que suscite les politiques d’austérité menées par tous les gouvernements de l’Union européenne pour mieux le dévoyer sur un terrain qui ne remet en cause ni l’austérité, ni la compétitivité, ni la concurrence capitalistes, mais soumet les classes populaires à l’idéologie des classes dominantes, le nationalisme.

La droite, quant à elle, est quelque peu bousculée, dénoncée par le FN au même titre que le PS dont elle doit se démarquer... Sans sourciller, Sarkozy enregistre « ce rejet partagé par beaucoup de Français », pour mieux continuer la même politique en faisant la proposition d’un « nouveau traité européen » dont les « piliers » seraient les « frontières ». « Ce sont d’abord les nations qui sont notre force », dit-il.

Tout en regrettant « profondément » le vote des Britanniques, Hollande reconnaît lui-aussi que « l’Europe ne peut plus faire comme avant », pour mieux « se concentrer sur l’essentiel », ce que les ministres des Affaires étrangères français et allemand ont appelé un « Pacte européen de sécurité » : tout un arsenal au service de l’Europe forteresse, impérialiste, contre les peuples, contre les migrantEs et les populations, cela au nom de la lutte contre le terrorisme.

Démagogues d’extrême droite, de droite ou prétendument de gauche, tous, « européens » ou pas, vantent la nation et les frontières. Ils ne rêvent que de diviser les peuples, de les opposer les uns aux autres, pour mieux les soumettre à l’ordre capitaliste, comme ils utilisent les jeux du stade pour nous faire croire que nous jouons tous dans la même équipe. Un piège terrible pour les travailleurEs dont les exigences et les luttes, les aspirations, ne connaissent aucune frontière. Leur intérêt est de construire une autre Europe, en rupture avec celle du capital, une Europe des travailleurs et des peuples.