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Ni oubli ni pardon

le 5 septembre 2018, par Julien Salingue

Le 5 juin 2013, Clément Méric, 18 ans, militant à l’AFA et à Solidaires étudiant-e-s, tombait sous les coups de fascistes dans les rues de Paris. 5 ans plus tard, le procès des assassins vient de débuter, rappelant que les meurtres d’extrême droite ne font pas partie du passé, ni ne sont l’apanage de certaines lointaines contrées.

Le contexte dans lequel se déroule ce procès est, à bien des égards, pire que celui dans lequel Clément avait été assassiné. En France, l’extrême droite a de nouveau atteint le second tour de la présidentielle, avec 34 % des voix – contre 18 % en 2002 –, et les groupuscules fascistes s’affirment et gagnent en visibilité. À l’échelle européenne, l’extrême droite n’est plus « seulement » aux portes du pouvoir, mais bel et bien au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, en Italie… et elle donne de plus en plus le ton quant aux politiques de l’UE, notamment en ce qui concerne le refus de l’accueil des migrantEs. Les démonstrations de haine se multiplient, qu’il s’agisse des récentes manifestations fascistes à Chemnitz, en Allemagne, ou de la prolifération des agressions racistes en Italie. Le tout dans un contexte international marqué par un renforcement des logiques autoritaires au sein des démocraties parlementaires, et par un approfondissement de la crise économique, dont les tragiques conséquences servent de carburant aux courants d’extrême droite, toujours prompts à monter les victimes du capitalisme les unes contre les autres.

Nous étions parmi les milliers qui scandaient, lors des manifestations consécutives à la mort de Clément, «  Ni oubli ni pardon ». Non, nous n’avons pas oublié. Non, nous n’avons pas pardonné. Nous réitérons notre soutien à la famille, aux amiEs et aux camarades de Clément, et participerons aux différentes initiatives organisées à l’occasion du procès. Et au-delà, nous n’oublions pas ceux qui, par leurs politiques antisociales, par l’adoption de la rhétorique et des propositions de l’extrême droite, par leur complaisance à l’égard des courants réactionnaires, ont favorisé, et favorisent encore le regain d’influence et de confiance de la bête immonde.

Ne rien lâcher face à l’extrême droite. Lutter sans relâche contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie. Accueillir les migrantEs, touTEs les migrantEs. Défendre une liberté de circulation et d’installation inconditionnelles. Se battre contre l’homophobie, le sexisme, pour une réelle égalité des droits. Refuser le fatalisme et la résignation. Défendre, encore et toujours, la perspective d’un autre monde, débarrassé de l’exploitation et des oppressions. À la mémoire de Clément, et de touTEs les autres. No pasarán !