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« Petits » candidats  : Braconnage très à droite...

le 30 mars 2017, par Commission nationale antifasciste
Crédit Photo: Les complotistes à l’Elysée ! DR

Si le Front national est électoralement hégémonique à l’extrême droite depuis 30 ans, certains « petits » candidats vont tenter malgré tout de lui disputer une partie de son électorat le 23 avril prochain...

Nicolas Dupont-Aignan, à droite toute...

Militant – selon lui – au sein de la droite classique depuis son adolescence (avec un bref passage au côté de Jean-Pierre Chevènement), NDA quitte l’UMP en 2008 en transformant son courant « Debout la République » en parti politique. Se situant à l’origine sur le terrain de la droite « eurosceptique », NDA va glisser progressivement vers un nationalisme de plus en plus affirmé. Ainsi, lors de l’élection présidentielle de 2012, il déclare qu’il pourrait choisir Marine Le Pen pour Premier ministre. En 2014 il soutient ensuite la candidature de Ménard à l’élection municipale de Béziers.

Le changement de nom de son organisation en « Debout la France » en 2014 vient illustrer l’accentuation de cette dérive. Depuis, il n’hésite plus à défendre un programme anti-immigration identique à celui du FN, en soutenant les décrets de Trump, en reprenant à son compte la théorie du « grand remplacement » ou lors de la primaire de droite, qualifiant Juppé de « candidat de l’immigration de masse »... Jusqu’où ira-t-il ?

François Asselineau, le candidat des conspirationnistes

Ancien collaborateur de Juppé puis de Pasqua, il est lui aussi issu de la droite. Il fonde son parti, l’UPR, en 2007, dont la grille de lecture complotiste et ultrasimpliste peut se résumer en une phrase : absolument tout est de la faute de l’Union européenne qui ne serait en fait qu’une construction des services secrets étatsuniens...

Lors de ses très très longues conférences, il explique donc que derrière chaque événement politique – la loi El Khomri, Daesh, les OGM, l’académie Nobel, le logo de l’UMP – se cache la main de la CIA. Même le FN serait le résultat d’un complot visant à « pourrir » les idées ­défendues par Asselineau...

Pour défendre son idée fixe sur l’UE, Asselineau est donc prêt à s’allier avec tout le monde et surtout avec n’importe qui. On l’a ainsi vu donner une conférence en 2010 au « Local », le lieu tenu par Serge Ayoub (leader du mouvement Troisième voie) ou inviter dans ses universités d’été des figures du complotisme comme Étienne Chouard ou Annie Lacroix-Riz, des représentants du Réseau Voltaire de Thierry Meysan, Robert Ménard ou l’éditeur d’extrême droite suisse Slobodan Despot.

Sur les questions internationales aussi, Asselineau est comme l’ensemble de l’extrême droite française : un fervent défenseur de Poutine et de Donald Trump.

Jacques Cheminade, « l’illuminé » qui n’a rien de sympathique

Jacques Cheminade passe souvent pour un type un peu farfelu mais pas méchant. Pourtant il porte une idéologie dangereuse. Lui et son parti Solidarité & Progrès sont affiliés au mouvement américain de Lyndon LaRouche, politicien américain fascisant et habitué des déclarations négationnistes, racistes, sexistes et homophobes.

En France, les relations de Cheminade sont aussi douteuses. Ainsi il était en 2008 un des intervenants de l’université d’Égalité et réconciliation, l’organisation fasciste d’Alain Soral !

Bien que non classé comme secte, S&P fait l’objet de nombreux dossiers de la part des principales organisations de luttes contre les sectes, comme l’UNADFI, la Milivudes, ou Prevensecte. La lutte de LaRouche et Cheminade contre l’oligarchie et la finance cache mal leur obsession complotiste.

Ils reprennent tous les codes du complotisme dont l’ancrage historique antisémite est indéniable, le plus parlant étant la reprise par Cheminade de la théorie du « complot synarchique »... issu de l’extrême droite collaborationniste.