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Poligny : les responsabilités ne sont pas partagées !

le 5 juillet 2013

Profitant du climat puant avec les « manifs pour tous », les rafles de sans-papiers, les démantèlements de camps de Rroms et la politique antisociale du gouvernement, les fascistes et tous les réactionnaires sont en confiance et les agressions se multiplient.

Dans la soirée du 28 juin, à Poligny (Jura), au cours d’un collage d’affiches, un groupe de militants antifascistes s’est fait agresser par des néo-nazis. L’un d’eux, pourtant déjà condamné pour incitation à la haine raciale et port d’arme illicite, était armé d’un fusil à pompe. Pour autant, les gendarmes ne l’ont pas interpellé aussitôt mais se sont contentés de le convoquer le lendemain. Depuis, l’arme est introuvable, et pour cause.

Quant au procureur il a choisit de poursuivre à la fois le militant neo-nazi mais aussi un des antifascistes qui s’est protégé avec une bombe lacrymogène. Relayé par toute la presse, le magistrat estime que « les responsabilités sont partagées ».

Comme pour le meurtre de Clément Méric, l’Etat et les médias d’informations tirent un trait d’égalité entre les fascistes et les militants qui luttent pour l’égalité et la justice sociale. Cet amalgame entre nos idées et celles des fascistes contribue à les banaliser.

Déconstruire le discours, reconstituer des réflexes d’auto-défense... il faut partout s’organiser, de manière unitaire, pour contrer l’influence de l’extrême-droite et faire stopper les agressions.

Correspondant


Communiqué du Collectif Antifasciste de Besançon
Poligny : agresseurs = agressés ?

Que s’est-il passé à Poligny dans la soirée du 28 juin dernier ?

Après la publication dans la presse d’interprétations tendant à amalgamer les agresseurs et les agressés, le Collectif Antifasciste de Besançon s’est entretenu avec les militants pris pour cible afin de comprendre le déroulement des faits.

Ce soir là, six militants antifascistes se sont rendus à un barbecue à Poligny, lequel a débuté vers 21 h. La ville de Poligny étant connue pour abriter un nombre relativement élevé de personnes se réclamant du nazisme, nos six camarades ont profité de leur présence ce soir-là à Poligny pour,le barbecue terminé, aller coller des affiches antifascistes et antiracistes .

Vers une heure du matin, alors qu’ils arrivaient sur la place centrale de la ville et qu’ils retournaient à leurs voitures pour rentrer à Besançon, un véhicule roulant à vive allure a freiné brutalement derrière eux. Trois individus en sont sortis, dont le trop fameux Malik.

Rappelons que ce dernier a déjà été condamné par deux fois pour port d’arme illicite, et une fois, en mars dernier à quatre mois de prison ferme (sans mandat de dépôt), pour incitation à la haine raciale(chants et salut nazis lors du bal du 14 juillet à Voiteur), qu’il a été pris en flagrant délit de dégradation de bâtiments publics avec des inscriptions racistes et croix gammées.

Les trois individus se sont mis à invectiver nos camarades qui, s’étant donné la consigne d’éviter toute bagarre, ont pris la fuite en se dispersant. L’un d’entre eux a été rattrapé et frappé au visage. Un autre s’est alors porté rapidement à son secours et a fait usage d’une bombe lacrymogène, évitant ainsi à son camarade d’être passé à tabac.

Le dénommé Malik s’est alors précipité vers un immeuble voisin, dont il est ressorti avec un fusil, avec lequel il a tiré trois fois.

Cachés et éparpillés dans les ruelles de Poligny nos camarades antifascistes ont attendus 45 minutes environ l’arrivée de la gendarmerie appelée par le voisinage et par nos camarades. Elle a indiqué qu’elle connaissait bien l’individu auteur des coups de feu, regrettant même qu’il ne soit pas en prison, mais n’a pas interpellé Malik. Ce n’est que le lendemain qu’elle l’a convoqué, lui permettant sans doute ainsi de se débarrasser du fusil. Depuis nous avons appris qu’au moins une douille ainsi que des impacts ont été retrouvés par la gendarmerie. Au moins un témoin ayant vu Malik avec un fusil a été entendu ou va l’être.

Il y a donc bien des agressés et des agresseurs dans cette affaire. Il est scandaleux de parler de "responsabilité partagée" comme l’auraient fait certaines sources judiciaires, au mépris des faits, corroborés par plusieurs témoignages. Lors de chaque agression par des néo-nazis, la même musique est reprise par certains, celle qui aimerait renvoyer "extrême-gauche" et extrême-droite dos à dos. Encore récemment, après le meurtre de Clément Méric, une telle tentative odieuse d’intoxication par une grande chaîne de radio a été démentie par la police elle-même.

Nos valeurs sont la liberté, l’égalité, la solidarité. Et ne correspondent en rien à celles des néo-nazis, ni à leurs méthodes . De telles manipulations n’ont pour résultat que de banaliser le fascisme. No Pasaran !

Collectif Antifasciste de Besançon, 02/07/2013