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Préparer la rentrée sociale et la riposte antifasciste !

le 12 septembre 2011, par Commission nationale antifasciste

Les extrêmes droites tentent de profiter du contexte actuel de crise majeure du capitalisme, dont les conséquences sociales commencent à peine à se faire sentir, pour diffuser leurs idées et agréger à leur projet politique des franges de plus en plus importantes de la société. L’investigation de « nouveaux territoires » est au cœur de leur stratégie. La lutte contre les extrêmes droites doit être mise au centre de la construction de chaque front politique, avec sa spécificité. Lors de la 3e Université d’été, la Commission nationale antifasciste a choisi de privilégier le travail transversal avec d’autres commissions.

La lutte pour le droit à l’IVG

Co-organisé avec la Commission nationale intervention féministe (Cnif), le débat a permis d’analyser les attaques du gouvernement sur l’accès à la santé, en particulier pour les femmes. Le gouvernement va dans le sens du retour à l’ordre moral que l’extrême droite appelle de ses vœux : si le droit à l’IVG doit désormais être défendu prioritairement face aux attaques gouvernementales et, si les commandos anti-IVG ne sont plus un réel danger, certains groupes catholiques fondamentalistes doivent continuer d’être surveillés de près et faire l’objet d’une riposte unitaire si nécessaire. Quand au FN, alors que Marine Le Pen affirme ne pas être pour l’abrogation de la loi Veil, sa proposition de « déremboursement » de l’IVG remettrait en cause ce droit. Le piège du « salaire parental » avec statut juridique à la clé, présenté comme un « choix » pour les femmes entre travailler et élever des enfants, étaye l’argument d’une extrême droite qui s’appuie sur la crise et les réformes libérales. Le FN entend capter un électorat féminin représentant une réserve de voix qui ne lui est pas encore favorable et étendre ainsi son pouvoir de nuisance.

La nouvelle orientation de l’extrême droite sur la nature et l’écologie

Ce débat en lien avec la Commission nationale écologie a permis de présenter une doctrine écologique remise à jour et portée par de récents transfuges de l’extrême droite identitaire qui sert parfaitement la supercherie anticapitaliste de son discours. Le décryptage du discours métapolitiques des identitaires et de la Nouvelle Droite sur la question de la relocalisation, des cultures régionales ou encore du concept de décroissance a permis en contre-point de mieux comprendre la visée globale de notre écosocialisme comme prise en charge collective du contrôle de la production, du travail... La conclusion de ce premier débat renforce l’idée de la politisation des questions écologiques au-delà de l’aspect environnemental.

Quand le Front national s’empare d’une ville

Il s’agissait de faire le bilan des municipalités FN et l’analyse de son programme économique et social avec la Commission interventions sur les lieux de travail.
Sous l’impulsion de sa nouvelle présidente, le FN aurait amorcé un « tournant social », dont il a beaucoup été question dans les médias : anticapitaliste, le FN ? Après avoir dénoncé les méfaits du capitalisme financier (délocalisations, licenciements), au cœur de sa stratégie d’implantation locale dans son fief d’Hénin-­Beaumont, Marine Le Pen affirmait à l’automne dernier son opposition à la réforme des retraites : le nouveau programme économique du FN reste un programme de combat à destination de la bourgeoisie… nationale. Et il est profondément antisocial : coup de bluff médiatique, les affaires Engelmann (syndicaliste exclu par la CGT après la révélation de sa présence sur des listes FN aux cantonales) et consorts, les interventions (ou tentatives) du FN à la porte de certaines entreprises ont révélé la nécessité de réimpulser l’antifascisme au cœur des structures syndicales (via une structure comme Visa), en armant les militants et notre milieu pour dénoncer cette imposture et développer une riposte anticapitaliste. Le bilan catastrophique des municipalités dans lesquelles il avait exercé un pouvoir destructeur dans les années 1990 doit également être rappelé dans notre intervention locale.

Où en est le Front national ?

En janvier, Marine Le Pen accède à la présidence du Front national : (im)posture sociale et purge des militants les plus radicaux, la fille tente de tuer le père en faisant croire à une « dédiabolisation » du FN qui deviendrait de plus en plus un « parti comme les autres ». L’analyse du programme du FN, protectionniste, antisocial et au cœur duquel se trouve la « préférence nationale », en plus de son discours raciste, montre au contraire les limites de cette mutation et la nécessité de réaffirmer le danger que constitue sa banalisation et la diffusion de ses idées. D’autant plus que la recomposition droite/extrême droite qui s’amorce pourrait à l’avenir tourner à l’avantage du FN, dans un scénario « à l’italienne ». Une des questions de cette rentrée sera, pour notre camp politique, comment articuler la défense d’un projet de société alternatif avec la lutte spécifique contre le FN et l’extrême droite. Cadre spécifique comme le fut Ras l’Front en son temps ? Cadre unitaire ponctuel pour mobiliser contre ses apparitions ou mener des campagnes ? Le débat doit se poursuivre…

À également eu lieu lors de cette édition la présentation du livre La Galaxie Dieudonné par un de ses co-auteurs. Le débat a tourné autour de la nécessité de dénoncer l’imposture d’un antisionisme qui n’est rien d’autre que de l’anti­sémitisme. Outre la déconstruction du discours « comique » et politique, il s’agit d’analyser les « nouvelles convergences » (Soraliens, négationnistes, fondamentalistes chiites…) que cimente ce discours. Et de faire face aux tentatives de récupération qu’il sert notamment au sein du mouvement Palestine et en instrumentalisant les discriminations dont sont victimes les populations d’origine immigrée dans les quartiers populaires.

Commission nationale antifasciste