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Syndicalisme : contre-offensive anti-FN

le 7 février 2014

À l’appel de la CGT, de la FSU , de Solidaires et de l’Unef, au moins 600 militantEs syndicalistes ont participé mercredi 29 janvier à la journée syndicale « contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques » à Paris.

Île-de-France, Nord-Pas de Calais, Rhône-Alpes, PACA, Midi-Pyrénées… Ils et elles étaient venuEs en nombre pour participer aux échanges. Des associations, dont notamment la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) et Vigilance initiatives syndicales antifascistes (VISA), ont également contribué au succès de la journée. La journée de débat à la Bourse du travail de Paris s’est cloturée par un meeting au siège de la CGT à Montreuil, avec Thierry Lepaon (CGT), Bernadette Groison (FSU), Annick Coupé (Solidaires) et William Martinet (Unef). Ce meeting, retransmis sur Internet, a donné lieu à des visionnages collectifs dans un certain nombre d’unions locales des organisations syndicales participantes. Notons par ailleurs la remarquable mobilisation des travailleurs sans papiers pour ce meeting.

Un appel à faire vivre

Pour les organisations syndicales, le but de cette journée était de lancer la contre-offensive contre les tentatives de l’extrême droite de trouver un ancrage dans le monde du travail et dans les classes populaires, cherchant à y recruter un électorat en surfant sur les déceptions et frustrations engendrées par les politiques austéritaires présentées comme « sans alternative ». Plusieurs événements ont alerté les syndicalistes. Ainsi, les sondages « sortie des urnes », effectués lors des élections présidentielles, indiquent depuis plusieurs années la persistance d’un vote FN parmi les personnes se déclarant « proches d’une organisation syndicale » (à des degrés divers, allant d’un faible taux pour Solidaires et la FSU jusqu’à un degré nettement plus élevé pour FO et la CFTC).
Les débats ont apporté de nombreux éclaircissement sur des situations locales relatées par des militantEs. Ainsi, de Lyon, il a été rapporté que cette ville est devenue un vrai « laboratoire » pour plusieurs courants d’extrême droite, dont des groupes violents. Par ailleurs, la « Journée de retrait de l’école » lancée par l’entourage de l’antisémite Alain Soral, dont il a également été question à plusieurs reprises, a été un plein succès dans certaines localités de la banlieue lyonnaise.

Les luttes syndicales et progressistes doivent montrer l’existence d’alternatives au discours de l’extrême droite, qui avance sur le terrain de la misère sociale et de la précarisation du travail et des vies. Plusieurs intervenantEs ont aussi souligné la nécessité de ne pas cesser de discuter avec les collègues de travail, pour ne pas laisser prospérer les idées d’exclusion, de racisme et de repli sur soi, de ne jamais laisser de tels « arguments » sans réponse.

De nouvelles initiatives sont d’ores et déjà programmées : à Forbach, il y aura une manifestation de la gauche et des syndicats contre le candidat FN Philippot ; à Toulon, une contre­-manifestation antifasciste a empêché la tenue d’un « apéro saucisson-pinard »…

Les militantEs du NPA doivent s’emparer de l’appel des organisations syndicales lancé suite à cette journée pour le faire vivre et le décliner par des initiatives concrètes, dans leurs syndicats et leurs unions locales, afin que celui-ci ne reste pas qu’une bonne déclaration d’intention. Une affaire à suivre très sérieusement !