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Tour de France de l’extrême-droite : l’Ariège

le 16 février 2014, par CorrespondantE localE
Marche contre le racisme à Pamiers, le 30 novembre 2013.

En Ariège comme partout un vote FN monte, particulièrement dans les zones sinistrées économiquement comme le Pays d’Olmes, mais aussi dans de petits villages sans immigrés. Une forte pression (rumeurs, presse locale) sur l’insécurité accentue la peur et le repli sur soi, et même un média comme Médiapart a récemment publié un assez bon article sur la situation politique du département mais s’étale dans un autre sur une comparaison douteuse de Lavelanet avec Chicago [1]... Le vote CPNT [2] (fort à une époque) et la défense très « identitaire » de la montagne contre l’ours « imposé par Paris, les bobos écolos venus d’ailleurs, etc. » est dans la lignée de l’idéologie d’extrême droite. Le pouvoir départemental (PS avec 19 conseillers généraux sur 22) confortant ces positions et en étant même à la base.

L’expression de l’extrême droite soutenue par la droite est bien plus visible que ce qu’elle était, avec, par exemple, des militants « manif pour tous » actifs. Ils ont manifesté (en petit nombre) une fois, en ville à Foix et des lycéens ont « contre-manifesté » avec succès contre eux. Mais ces « Manif pour tous » ont été nombreuses et efficaces lors de la venue de J.-M. Ayrault le 29 avril 2013. Seuls une dizaine de militants est venu s’opposer à partir d’une manif CGT-FSU-Solidaires qui se tenait non loin (qui comptait le même nombre de participants, environ 150, mais qui ressemblait plus à une fête foraine avec café et merguez qu’à une manif revendicative - ce qui était en revanche le cas de la « manif pour tous »).

L’extrême droite est aussi plus visible avec des présences d’« identitaires » dans certains lycées et centres de formation (d’après des témoignages), on trouve en différents lieux des autocollants de « L’œuvre française » (à Lavelanet par exemple) ou encore des croix celtiques avec l’inscription « I love Marine » (Lavelanet, Saint-Girons).

Etat des forces antifascistes

Les services des Communautés des communes, sur sollicitation d’élus de gauche, sont parfois réceptifs pour faire enlever ces affichages. Un bon travail de terrain de la Ligue des Droits de l’Homme et de citoyenNEs est effectué sur le fond (éducation contre le racisme) et la forme (régularisation de sans-papiers). Mais cela reste marqué par une timidité idéologique (on ne parle jamais la revendication de la régularisation de tous les sans-papiers) et une « gentillesse » avec les institutions et les gestionnaires PS. Lors de la manifestation après l’assassinat de Clément Méric (à l’initiative de Solidaires), le 12 juin 2013, une réunion s’est tenue pour mettre en place un comité antifasciste. Une majorité large s’est alors dégagée pour ne pas utiliser le terme "fasciste", trop ancien, trop..., trop peu susceptible d’attirer les « fascistes » pour « discuter avec eux »... Rien n’est sorti de cette réunion. Une lettre de condoléances et de soutien aux parents de Clément Méric ne fut alors signée que par Solidaires et la CNT (le NPA n’était pas organisé en Ariège à cette époque) et jamais envoyée.

Depuis Solidaires a poursuivi le travail en organisant un stage de formation avec VISA (les 20 et 21 février avec CGT et FSU) et a réuni associations et partis pour constituer le CODEX 09, le 20 janvier 2014. Ceci vient de se faire avec LDH, CGT,FSU, Solidaires, Front de Gauche (PC, PG, GA), ANACR, Couserans-Palestine, et enfin la CNT, qui a décidé de rejoindre le collectif dans un second temps. Le NPA 09, trop faible numériquement pour peser dans la dynamique, soutiendra néanmoins sur ses bases les initiatives proposées.

En Ariège comme ailleurs, NO PASARAN !

[1Respectivement : « En Ariège, au pays du socialisme "congelé" », lundi 6 janvier 2014, et « L’Ariège, "ça devient Chicago" », mardi 7 janvier 2014.

[2Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), parti politique dirigé par Frédéric Nihous.