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Troisième tournoi de football fasciste à chambéry

le 6 septembre 2018, par Collectif savoyard contre les haines et le racisme

[Ajout du 7 septembre par la commission antifasciste du NPA] La mairie de Chambéry a finalement déposé un arrêté municipale mercredi afin de fermer le stade pour la journée du 8, sans invoquer de raison particulaire. Pour autant, personne ne doute que cette fermeture est du à la mobilisation antifasciste et notamment du Collectif savoyard contre les haines et le racisme. On notera au passage le commentaire de France Bleu Savoie qui effectue un étonnant retournement des responsabilités dans la situation pour mettre en cause «  les provocations avec les Antifas, les groupes antifascistes d’extrême-gauche, [qui] sont de plus en plus fréquentes, allant parfois jusqu’à l’affrontement. »


Dans une lettre ouverte adressée au maire de Chambéry, Michel Dantin, le Collectif Savoyard Contre les Racismes et la Haine donne l’alerte quant à la tenue d’un tournoi de football organisé par le mouvement néofasciste « Bastion Social » le samedi 8 septembre 2018 à Chambéry.

Cet événement initialement porté par « EdelweiSS Pays de Savoie », groupuscule néo-nazi antérieur au Bastion Social, n’est qu’un prétexte pour réunir tous les militants néo-fascistes et néo-nazis des alentours. Les deux précédents tournois se sont déroulés sur un stade municipal, le stade Mager à Bissy, le 3 mai 2015 et le 14 mai 2016. Ils avaient donné lieu en soirée à de multiples agressions dans le centre ville de Chambéry, les participants y ayant monopolisé un bar.

À l’époque, le maire de Chambéry avait laissé ces rassemblements haineux se dérouler, se refusant à tout commentaire. En 2016, le groupuscule EdelweiSS Pays de Savoie avait ainsi pu affirmer publiquement : « Chambéry est une ville qui nous est ouverte ! ».

Aujourd’hui, force est de constater que ces militants de la haine se sont bel et bien implantés dans la ville, sous ce nouveau nom de « Bastion Social Chambéry », et sous couvert d’une association, « Les Petits Reblochons », qui leur a permis de duper le propriétaire d’un local situé au 171 Avenue de Lyon. Ce lieu, inauguré le 3 février dernier, reste ouvert en dépit de la procédure judiciaire enclenchée par le propriétaire pour résilier le bail.

Créé en mai 2017 par Steven Bissuel, du Groupe Union Défense (GUD) de Lyon, « Bastion Social » est un mouvement fasciste qui accumule les agressions violentes partout où il ouvre des locaux (Strasbourg, Chambéry, Lyon, Marseille/Aix-enProvence, Clermont Ferrand). Ce dernier, impliqué dans différentes procédures en cours, a déjà été condamné en juin pour incitation à la haine raciale et de récentes perquisitions chez lui ont révélé tout un attirail relevant de la propagande nazie.

À Chambéry, on dénombre six agressions depuis août 2017 ; dont des attaques en bande organisée et armée sur la voie publique. Plusieurs plaintes ont été déposées, mais seule la dernière en date semble avoir attiré l’attention du procureur. En effet, le 15 juillet dernier, alors les Chambérien·nes fêtaient la coupe du monde de football, six membres du Bastion Social ont été interpellés suite à une agression qu’ils auraient commise après avoir paradé cagoulés et armés de couteaux dans le centre-ville. Ces individus, actuellement sous contrôle judiciaire, devront répondre de ces faits devant le tribunal de Chambéry en novembre prochain.

Le Collectif Savoyard Contre les Racismes et la Haine souhaite aujourd’hui dénoncer le silence des élu·es et des autorités publiques face aux nombreuses alertes lancées par des organisations portant la lutte antifasciste locale. En effet, cette léthargie générale des représentants de l’État a permis aux fascistes de commettre ces violences inacceptables en toute tranquillité et, au fil des années, de banaliser leur idéologie haineuse.

Nous refusons que ce troisième tournoi de football se déroule en toute impunité sur un stade municipal, et que les membres du Bastion Social Chambéry puissent ensuite faire leur loi dans les rues de la ville, depuis le Charly’s Pub, dont Théo Martinez, ancien membre d’EdelweiSS Pays de Savoie, est devenu gérant. Les dérives violentes dans le centre-ville devraient être évitées plutôt que simplement constatées.

Nous dénonçons par ailleurs le discours de Michel Dantin, maire de Chambéry, qui pour le moment remet ses responsabilités entre les mains de Louis Laugier, préfet de la Savoie, qui lui-même prétend qu’il ne peut agir qu’en cas de risque de trouble à l’ordre public. Il nous semble que ce risque a été atteint depuis des mois, vu que plusieurs personnes ont été victimes de la violence extrême de ce groupuscule.

Le Collectif Savoyard Contre les Racismes et la Haine