Agenda

St-Ouen-l’Aumône - Projection-débat "Au pays des gueules noires, la fabrique du FN"

le 7 mars 2014

Projection-débat autour du documentaire "Au pays des gueules noires, la fabrique du FN".

Vendredi 7 mars 2014 à 20h30

Cinéma Utopia
1 place Pierre Mendès France
Saint-Ouen l’Aumône (95)

Séance organisée par le Collectif antifasciste du Val d’Oise, avec la participation du réalisateur Edouard Mills-Affif et d’un membre de l’association VISA (Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes).

Avec le soutien du Parti de Gauche, du NPA, de Europe Ecologie les Verts et de Ensemble Cergy Pontoise, membre du Front de Gauche.

Au pays des gueules noires, la fabrique du FN

Edouard Mills-Affif - documentaire France 2004 52mn

Au pays des gueules noires raconte la percée du Front National dans une terre de gauche blessée, en plein marasme économique et désespérance sociale.

C’est un visage emblématique dans une région qui ne l’est pas moins.

Le visage : celui bonhomme et un chouïa rougeaud de Steve Briois, candidat, à l’époque du tournage du film, aux élections cantonales à Hénin-Beaumont, Pas-de-Calais. Toujours le sourire, toujours prêt à parcourir quartier après quartier son territoire.

La région : le bassin minier, qui a subi dès la fin des années 1970 et le début des années 1980 la fermeture des fosses les unes après les autres, signant la fin d’une culture ouvrière. Une région qui, en 2003, se voit sonnée par l’annonce de la fermeture de Metaleurop Nord, énorme usine de Noyelles-Godault.

Edouard Mills-Affif, choqué comme beaucoup par le séisme électoral de 2002, a décidé d’enquêter sur ce secteur qui concentrait particulièrement les votes Front National. Comment en est-on arrivé, sur ces terres ouvrières traditionnellement acquises durant des décennies au Parti Communiste, à des résultats du FN pouvant dépasser les 40% dans certaines cités minières ? Le réalisateur s’est collé aux basques du jeune candidat Briois pour mieux comprendre sa méthode. Et l’analyse est imparable. Il constate combien le frontiste a su policer son discours, bien loin des déclarations xénophobes et à scandale de papa Le Pen. Steve Briois sait appuyer là où ça fait mal : sur la faillite sociale facile à constater à Hénin-Beaumont, autant sous la gauche au pouvoir que sous la droite récemment élue, et on voit Steve Briois n’hésitant pas à tenter de s’incruster - en vain - auprès des salariés en lutte de Metaleurop ; sur les finances municipales lourdement entachées de soupçons de corruption et de clientélisme (l’avenir carcéral du maire ripou de Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, lui donnera malheureusement raison).

Steve Briois profite surtout de l’abandon des quartiers par les forces de gauche, décimées en même temps que les solidarités ouvrières qui prévalaient autour des syndicats de mineurs. Avec un air goguenard, un des colistiers de Steve Briois raconte qu’il est d’une famille communiste et qu’il en a tiré le meilleur pour pénétrer les quartiers et le coeur des habitants... Briois, terriblement pragmatique, parle comme un commercial et dit ouvertement qu’il a un produit à vendre auprès d’un marché, les électeurs... Et ça marche, avec des arguments faciles et démagogiques qui se nourrissent des errements des autres partis... Ça marche et ça nous invite à une sacrée remise en question dans la recherche des armes pour battre le Front National.