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Aube dorée - Le livre noir du parti nazi Grec

le 20 octobre 2014, par Guy Franceschini
Meeting d'Aube dorée

AUBE DOREE, LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC

Dimitris Psarras

Traduit du grec par Panos Angelopoulos

M. Editeur et Editions Syllepse, 2014, 230 p, 15€

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Athènes le 18 septembre pour honorer la mémoire de Pavlos Fyssas, rappeur et militant antifasciste assassiné un an plus tôt par un nervi d’Aube dorée. C’est à ce parti fasciste grec que Dimitris Psarras, journaliste spécialisé dans l’étude de l’extrême droite, consacre son dernier ouvrage.

Créée en 1980 dans le sillon de la dictature des colonels (1967-1973) par Nikolaos Michaloliakos, longtemps groupusculaire (0,11% des voix aux Européennes de 1994), Aube dorée a connu une envolée aux législatives de 2012 obtenant 6,92% des voix et 18 députés pour atteindre 9,32% (3 eurodéputés) aux Européennes de juin 2014.

Son succès électoral est « l’expression d’un désespoir profond » d’une partie de la population, résultat d’une austérité sauvage dictée par la troïka ainsi que du rejet massif de la classe politique. La complaisance des médias et d’une partie de l’Eglise orthodoxe sont d’autres éléments d’explication. Enfin les partis au pouvoir, la droite de la Nouvelle démocratie et les socialistes du Pasok, ont utilisé Aube dorée comme contre-feu à la montée de la gauche radicale. Ces partis n’ont pas hésité, en 2011, à intégrer le LAOS (autre parti d’extrême droite) dans leur précédent gouvernement, légitimant ainsi la participation au pouvoir de fascistes. De même qu’ils ont mis en œuvre un politique de lutte contre l’immigration et les immigrés.

Mais c’est surtout à la violence de ses « militants de la race blanche et de la Grande Grèce » que l’on doit associer le nom d’Aube dorée. Violence dont les immigrés, les « pédés », et les « bolchos » sont par dizaines les premières victimes et dont les auteurs demeurent impunis quant ils ne sont pas protégés par la police, parmi laquelle ils jouissent d’une forte sympathie.

Aube dorée se revendique ouvertement du nazisme : xénophobie, antisémitisme, ultranationalisme, symboles et slogans. Une seule illustration : le groupe Pogrom, dont le bassiste Artemis Mathaiopoulos est dirigeant et député d’Aube dorée, éructe « J’encule Anne Franck, (…) Oh que j’adore Auschwitz ! (…) Je mettrai du Zyklon B dans vos synagogues ».

Puisque l’auteur nous y invite, face à cette résistible ascension d’Aube dorée, nous répondons sans hésiter, avec lui, « que la Grèce parviendra à jouer un nouveau rôle : non pas en tant que laboratoire des politiques d’austérité, mais en tant que laboratoire d’éradication de la peste brune ».

Guy Franceschini