Boite à outils

Front National & Ecologie [Partie 2/2]

le 13 février 2017, par NPA

Nous publions dans notre rubrique « Boite à outils » ce document élaboré par la commission antifascistes et la commission écologie du NPA. Il ne s’agit pas d’un article classique, mais plutôt d’un support pour la formation militante ou pour introduire une discussion. Il nous semble cependant pertinent de le diffuser.
L’idée est de permettre de comprendre ce dont parle le FN quand il aborde d’écologie, notre conception de l’écologie n’y est pas vraiment abordée, pour celà, nous vous conseillons la brochure « Quelle écologie, quel socialisme, quelle transition »


...Lire la première partie

Grands axes thématiques

Aménagement, transport et urbanisme

  • Contre le « désaménagement » et les territoires abandonnés par les services publics ;
  • Procéder à une « démétropolisation » et « retrouver le triptyque commune-département-Etat » ;
  • « Assurer un service public du transport pour tous » et regrouper les structures issues de la SNCF : développement du fret, du ferroutage, lignes intercités, régionales...
  • Grands projets : laissons cela à l’Etat, ni aux régions, ni à l’Europe.

Communiqué de Presse de Florian Philippot, Vice-président du Front National

« L’annonce par le président du Conseil général du Tarn de la suspension des travaux du barrage de Sivens et sa volonté de « s’en remettre à l’Etat » confirment l’inaptitude des collectivités locales à mener, seules, de grands projets stratégiques.
Seul l’Etat dispose en effet du poids politique et de la légitimité nécessaires pour organiser, dans le sens de l’intérêt général, des grands travaux ou tout autre projet d’envergure touchant à l’aménagement du territoire et à son développement économique. Bien sûr les élus locaux doivent être associés mais ils ne doivent en aucun cas être les pilotes de tels projets. »

  • Opposition à l’aéroport de NNDL

Christian Bouchet (FN 44) :

« De tous temps le Front national de Loire-Atlantique a été hostile à celui-ci et s’est déclaré en faveur d’un moratoire sur les travaux et d’un référendum populaire local.
Si pour le Front national de Loire-Atlantique, les arguments classiques relevant de l’écologie sont à prendre en compte, ils doivent cependant être dépassés et il convient de refuser aussi cet aéroport car il entre dans un schéma politique précis, celui de la landérisation de l’Europe, à savoir la construction d’une super-région du Grand-Ouest dans le cadre européen et donc dans la destruction subséquente de la nation française.
Le Front national de Loire-Atlantique relève par ailleurs que l’affaire de Notre-Dame-des-Landes incarne parfaitement les compromissions et les rapports quasi-incestueux qui unissent le monde politique local et national (l’UMP, le PS et le PC sont pour l’aéroport et les Verts qui sont contre participent à une majorité qui est pour) et qui prouvent l’existence d’un bloc des partis du système qui n’ont rien à faire des souhaits et désirs réels des citoyens. »

Le FNJ 44 organise une action bâche et fumi depuis un pont, en juin 2016 : « avec Marine Le Pen, ni ZAD, ni aéroport ». Le FN 44 organise un colloque en octobre 2015, contre le projet (avec un membre de l’association Nexus, d’Angers qui se bat « pour empêcher la concentration des outils sur Nantes au détriment de tous. Dans le seul intérêt des particuliers et des acteurs économiques locaux »).

Agriculture + Santé publique et alimentation :

  • élargir le principe de précaution (aux ondes électromagnétique, écrans, nanotechnologie...)
  • passer de la PAC à la PAF.
  • Constats lucides sur le productivisme, les conséquences sanitaires, la dégradation des sols, les faibles revenus…
  • préserver les pollinisateurs et la biodiversité : interdire les néonicotinoïdes ;
  • s’opposer « aux OGM dans nos importations comme dans nos assiettes »

Marion Maréchal Le Pen en a la lecture « Manif pour tous » (cf. interview dans Ressource, le « magazine azuréen du développement durable ») :

« La défense de la biodiversité, c’est aussi la défense de la biodiversité humaine : les peuples et les identités. En tant que patriotes, nous défendons la polyphonie du monde, la diversité réelle – culture, traditions, couleurs, saveurs, accents – face au magma mondialiste difforme […]. La réflexion née autour du mouvement de défense de la famille : l’écologie humaine c’est refuser tout autant les OGM que la GPA. »

  • « Pousser l’agriculture biologique » :

« En période de désertification rurale et de destruction d’emploi dans la ruralité, le bio représente un vivier d’emplois non délocalisables très important. Cohérent avec nos traditions et notre savoir-faire, il permet de plus d’apporter une qualité et une valeur ajouté plus importante que le modèle ultra-intensif allemand. »

  • Soutenir « l’élevage paysan » :
  1. par le marquage des produits (taille de l’élevage indiqué)
  2. 0 taxe sur les produits de l’élevage paysan français mais TVA à 20% sur l’élevage industriel français et étranger
  3. financement à taux préférentiel pour transformer les élevages
  • Opposition au modèle FNSEA ?

Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Candidate à l’élection présidentielle, mars 2012 :

« C’est avec plaisir que je me suis exprimée aujourd’hui devant les représentants et les élus de la FNSEA et des JA à Montpellier. Une occasion comme il n’y en a pas assez d’échanger avec des professionnels.
« Emploi et formation », « économie et territoires », « défi alimentaire », « développement durable », « recherche et innovation » : les cinq thèmes abordés sont tous pour moi de réelles priorités. Comme j’ai pu l’expliquer, je ne compte pas, pour défendre ces priorités, parachever la Loi de modernisation de l’agriculture voulue par Nicolas Sarkozy et son ministre Bruno Le Maire. Je l’abrogerai pour instaurer un protectionnisme adapté aux défis que doivent relever les agriculteurs français.
Je regrette, par contre, l’accueil qui a été réservé à mon intervention sur les OGM. Rappeler que Xavier Beulin, le président de la FNSEA, est l’un des plus fervents défenseurs des OGM ne plaît pas à tout le monde, pas plus que de dénoncer le lobbying intense de ceux qui veulent imposer ces OGM aux Français. Rappeler les responsabilités de Xavier Beulin à la tête de Sofiproteol, premier actionnaire des semenciers français, ne plaît pas non plus. Xavier Beulin se rêve en patron d’un Monsanto à la Française, mais n’aime pas qu’on le dise. Qu’importe, les huées ne m’empêcheront jamais de dire en face ce que les autres préfèrent taire. »

Sur les OGM, MLP répondait à la question de l’Usine nouvelle (avril 2012) : Faut-il écarter définitivement les OGM ?

« Ne pas interdire la recherche, notamment sur l’amélioration écologique de certaines espèces cultivées, mais la confier à des organismes spécialisés, placés sous contrôle gouvernemental et encadrés par un comité d’éthique. »

Eau : pas grand chose

  • fait un état des lieux (pollutions, assainissement, distribution, évoque les régies, les délégations de SP, la municipalisation) sans prendre position ni faire de propositions politiques.
  • A voir les positionnements locaux (fédérations départementales, élus…) hors cadre « collectif nouvelle écologie ».

Economie circulaire : rien d’original

  • dénonce obsolescence programmée et le « court-termisme ».
  • veut promouvoir un gaspillage minimal
  • Rien sur l’arrêt de productions inutiles...

Respect et protection de la faune et de la flore : « biodiversité, une richesse nationale »

  • Veut aborder le vivant de « manière dépassionnée », ni romantique, ni sentimentale, ni utilitariste... mais comment au final ?
  • « Protection du Vivant, oui, muséification... jamais »

La protection animale : c’est le collectif Belaud-Argos, présidé par Sophie Montel.

  • Contre la maltraitance et l’abandon des animaux de compagnie
  • Protection des animaux sauvages limitée aux espèces patrimoniales (éléphants, dauphins...)
  • Contre l’élevage industriel, pour le bien-être des animaux et pour l’obligation d’étourdissement avant abattage
  • promotion d’une chasse responsable et opposition à la chasse à courre
  • ne se prononce pas sur la corrida.

Le système énergétique : pour décarbonner les énergies, place au nucléaire

  • Le problème est avant-tout politique, mais dans un cadre national : chaque Etat à son rythme, sans conférences des parties (« COP »)

Philippe Murer :

« Toutes les solutions techniques pour se passer des énergies fossiles sont au point. Ce qui manque, c’est une volonté politique pour mettre en place ces solutions. »

Collectif Nouvelle Ecologie :

« En un mot, nous sommes favorables à l’international, littéralement « entre les nations » : que les nations se retrouvent pour passer des accords sur des points précis.
En revanche, nous sommes opposés aux mécanismes supranationaux, inefficaces et dangereux, ou les décisions et les actions sont imposées d’en haut aux nations et donc aux peuples. »

  • La question du climat n’est pas centrale.

Philippe Murer, 2014 présentation de son livre (pour realpolitik.tv) :

« Pourquoi faire la transition énergétique ? Le dérèglement climatique c’est une menace potentielle très importante. Ne sera-t-il pas trop tard le jour où nous serons sûrs à 100% qu’il y a un dérèglement climatique, pour modifier le cours des choses ? D’autre part, il y a un autre problème, le pic pétrolier, même si on ne croit pas au dérèglement climatique... le pétrole est présent en quantité finie sur la planète […]. La troisième raison est qu’on dépense 65 milliard d’euros pour acheter des énergies fossiles à l’extérieur. Si on arrive à la créer sur notre sol, chez nous, ça nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois. »

  • Réduire de 50% en 20 ans la consommation d’énergie fossile

Parler « d’énergie décarbonnée » permet de placer le nucléaire au cœur du système : fleuron français.
Ambitions limitées pour les énergies renouvelables qui « ne suffiront pas » (et les éoliennes risquent de défigurer la France, thème classique à l’ED).

Collectif Nouvelle Ecologie :

« Plutôt que du dogme indépassable du tout-énergies renouvelables, l’objectif le plus réaliste est de recouvrir 20 % nos besoins énergétiques »

Philippe Murer, au début de la discussion du projet de loi « transition énergétique » (octobre 2014)

« Le nucléaire existant offre une indépendance stratégique à la France, une énergie peu chère avec des installations déjà payées, une énergie sans carbone. Concentrons donc les efforts du pays sur les solutions pour se passer d’énergies fossiles et non sur la fermeture de nos centrales nucléaires ! »

  • Prudence sur le nucléaire les jours qui suivent un accident, enthousiasme le reste de l’année

Collectif Nouvelle Ecologie :

« L’énergie nucléaire représente plus de 75 % de l’électricité produite en France et sans dégagement de dioxyde de carbone. Elle doit être maintenue, et les surplus nocturnes de production d’électricité nucléaire, pour le moment vendus (notamment à la Suisse), seront utilisés pour produire de l’hydrogène afin d’alimenter des voitures à pile à combustible. Il ne faut pas s’interdire de construire quelques nouvelles centrales nucléaires d’appoint. À horizon 2030, selon l’état de la recherche sur les énergies, l’on devra décider de renouveler ou non le parc nucléaire français. »

Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National, septembre 2011 :

« L’accident qui a fait un mort et quatre blessés dans l’installation nucléaire Centraco, située près du site de Marcoule (Gard) illustre la dangerosité de cette énergie et la nécessitée d’envisager une sortie progressive et réfléchie du nucléaire.
Comme l’avait déjà demandé le Front National après la catastrophe du Fukushima au Japon, il appartient à l’Etat de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour sécuriser les 58 centrales nucléaires françaises et d’investir dans les recherches pour traiter les déchets nucléaires, recherches arrêtées sous la pression des Verts. »

Philippe Murer, octobre 2014 :

« Cette transition a deux objectifs majeurs : éviter les rejets de CO2 dans l’atmosphère afin de lutter contre les dérèglements climatiques et se passer à terme des énergies fossiles, de plus en plus chères, polluantes et dont les réserves sont finies.
Il est évidemment impossible de se passer à la fois du pétrole, du gaz, du charbon et de d’électricité nucléaire, qui représentent la majeure partie de l’énergie consommée en France. Un gouvernement responsable doit choisir son cheval de bataille [...].
Le nucléaire existant, dont les installations sont amorties, est de loin l’énergie la moins chère. S’en priver fera forcément grimper la facture d’électricité de tous les Français tout en rendant notre production d’énergie plus riche en carbone. On est donc en complète contradiction avec les souhaits de Ségolène Royal de limiter les émissions de CO2 et de s’attaquer à la précarité énergétique des Français les plus démunis. »

Explication de vote contre la loi « transition énergétique »par les députés Marion Maréchal Le Pen (FN) et Gilbert Collard (RBM), mai 2015)

« La filière française du nucléaire est une référence pour sa sûreté, la formation des ses experts et le respect des engagements environnementaux auxquels a souscrit la France […]. La politique du « tout énergie renouvelable » conduit à sanctuariser le système éolien : un système anti-économique qui défigure les paysages et favorise la multiplication des conflits d’intérêts. »

  • Un service public de l’énergie ou un service public du nucléaire ?

Philippe Murer, octobre 2014 :

« Le secteur nucléaire français n’a pas eu à souffrir d’accidents majeurs depuis 40 ans, il est impératif que cela continue. Pour minimiser les risques, il n’y a qu’une solution, de bon sens : que la sécurité passe avant la rentabilité, qu’EDF redevienne une entreprise publique, une entreprise guidée par la sécurité de ses installations et non par la hausse de ses dividendes et de son cours de bourse. Mais, Bruxelles l’interdit à la France : du coup, l’UMPS et Europe Ecologie les Verts s’accommodent de cette dangereuse situation. »

Communiqué de presse du Collectif Nouvelle Ecologie (février 2016) :

« Il est en revanche nécessaire qu’EDF redevienne une entreprise 100% publique, avec pour objectif principal la sécurité des centrales. En effet, la rentabilité à tout prix est en contradiction avec l’objectif de sécurité publique. De nombreux reportages ont montré que le recours à la sous-traitance et l’objectif de minimisation des coûts d’entretien et de réparation des centrales nucléaires multiplient les risques d’incidents nucléaires et augmentent fortement les probabilités d’accident.
Pour ces raisons, le Collectif Nouvelle Ecologie est très favorable à un EDF 100% public, totalement investi dans sa mission de service public et de sécurité des centrales nucléaires. Un programme d’investissement massif vers les énergies renouvelables est par ailleurs nécessaire pour que la France réalise sa transition énergétique à un coût raisonnable. »

  • Un mix énergétique sans gaz de schistes mais avec du gaz de houille ?

Communiqué du Collectif Nouvelle Ecologie : février 2015 Le scandale californien nous renforce dans notre opposition résolue au gaz de schiste

« Dans l’état actuel des technologies, le Front national s’oppose fermement à toute exploitation du gaz de schiste sur le territoire national. En plus de défigurer nos paysages, cette technique s’accompagnerait de la pollution irréversible du sol français. »

Communiqué de presse de Florian Philippot, janvier 2013 : L’ensemble des acteurs publics doivent miser sur le gaz de houille pour la renaissance de la Moselle !

« Les acteurs publics, notamment l’Etat, les communes et les intercommunalités, doivent unir leurs forces pour accélérer les recherches relatives au gaz de houille en Moselle. Les explorations menées par la société European Gas Limited dans le sous-sol mosellan sont en effet extrêmement encourageantes, laissant supposer l’existence d’une ressource importante et inexploitée de gaz de houille.
Forte d’une tradition minière et industrielle incontestable, la Moselle , et en particulier l’Est du département, a toutes les raisons de miser sur ce qui pourrait être l’un des éléments de sa renaissance et du retour de l’emploi. Dans le sillage de l’exploitation du gaz de houille, c’est toute une filière industrielle qui pourrait renaître dans notre région.
Sous la houlette d’un Etat stratège fer de lance de la réindustrialisation, Florian Philippot propose la mise en synergie de tous les acteurs publics au service de cette cause. Les principales communes du bassin houiller doivent se montrer beaucoup plus énergiques sur ce dossier et en faire l’une de leurs priorités les plus impérieuses, en faisant fi des querelles politiciennes. »

Marine Le Pen invité en décembre 2012 sur Canal Plus, à propos des gaz de schiste :

« L’exploitation en l’état m’apparaît ne pas être entourée d’assez de sécurité mais l’exploration doit pouvoir être faite [...]. Entre mes déclarations pendant la campagne et aujourd’hui, beaucoup de progrès ont été faits sur les gaz de schiste. La fracturation hydraulique, qui pose d’énormes problèmes écologiques, est, semble-t-il, sur le point d’être remplacée par la fracturation pneumatique. Et les erreurs commises par les Américains nous servent à ne pas commettre les mêmes, notamment l’exploitation éventuelle à côté de nappes phréatiques. »

  • Garder la voiture grâce à la pile à combustion
    - Parle d’urbanisme et d’étalement urbain sans faire le lien avec le modèle propriété de la maison-voiture individuelle-lieu de travail.

Eric Dillies, conseiller régional Nord-Pas-de-Calais, décrit la journée-type sous un gouvernement FN :

« Avant de partir au travail, on conduit les enfants à l’école. Déjà, rien que le plein d’essence sera moins cher car on aura baissé la TIPP (Taxe d’importation sur les produits pétroliers) puisqu’une société nationale exploitera notre pétrole.
En plus, quand on prendra la route, il n’y aura pas trois quarts d’heure de bouchons car on en aura construit de nouvelles. On arrêtera d’emmerder les automobilistes : on supprimera les « flashgordon ». On n’est plus au Moyen-Âge où le seigneur faisait payer les passants qui voulaient traverser la rivière. »

  • Sur la transition énergétique
    - Le principe d’économie d’énergie est absent, simplement évoqué pour le bâtiment.
    - Sur le logement, proposition d’un dispositif d’aide (« éco-prêt à taux zéro ») qui existe déjà et ne marche pas super…

« Pour nous, l’isolation des bâtiments est une grande cause nationale, qui nécessite un grand plan, au service de l’efficacité énergétique des bâtiments pour les particuliers, entreprises, administrations et collectivités. En isolant tous ces logements, en mettant des pompes à chaleur dans ceux qui ne s’y prêtent pas, il sera possible d’économiser 25 % de la consommation française d’énergie. Cela coûtera 20 milliards d’euros par an d’investissements pendant vingt ans. Les ménages, les entreprises, les collectivités locales et les administrations bénéficieront alors de prêts fléchés à 0 %, à vingt ans, grâce à la Banque de France pour isoler les bâtiments avec un coût zéro. Alors, les économies d’énergies paieront le remboursement de l’isolation. Tous les travaux d’isolation seront éligibles à ce financement. Il existera toutefois un garde-fou : un montant maximal de travaux de 300 euros par mètre carré si plus de 80 % du prix des produits utilisés est fabriqué en France. »

Qui anime le collectif ?

Philippe MURER est le président du Collectif Nouvelle Ecologie. Ancien sympathisant du Parti socialiste, il animera le « Forum démocratique », un cercle de réflexion inactif aujourd’hui, avec Jean-Luc Schaffhauser et Pierre-Yves Rougeyron :

  • Issu de la fonction publique, Jean-Luc Schaffhauser devient consultant indépendant. A ce titre, il est chargé, en 2004 par le gouvernement français, du dialogue franco-russe sur l’efficacité énergétique. En Russie, il est aussi Consultant pour Dassault et Total. Jean-Luc Schaffhauser a participé à la création du Mouvemement d’écologie politique (MEP), à la fin des années 70. Il est influencé par le personnalisme de Rougemont. Il sera attaché parlementaire du centriste Rudloff au conseil régional d’Alsace, chargé des politiques d’énergie et d’environnement. En 2014, il conduit la liste Strasbourg Bleu Marine puis est élu au parlement européen de 2014, où il siège notamment dans la commission Industrie Recherche Energie. Sans être adhérent au FN, il est aujourd’hui « l’agent russe » de Marine Le Pen.
  • Pierre-Yves Rougeyron est le président du « Cercle Aristote ». Issu « d’une tradition jacobine », il est cependant assez proche d’Egalité & Réconciliation. Il est aujourd’hui assistant parlementaire de Schaffhauser au parlement européen.

Avec Jacques Sapir, Murer cosigne un texte sur les « scénarii de la dissolution de l’euro » pour Res Publica (Jean-Pierre Chevènement). Tous deux entretiennent aussi de bonnes relations avec Dupont-Aignan. Marine Le Pen attire Murer au RBM pour travailler sur la sortie de l’euro. Philippe Murer est son assistant parlementaire dans l’organigramme 2015 du FN. Il est l’auteur de « La transition énergétique : une énergie moins chère, un million d’emplois créés » (Fayard). Son principe : l’Etat et un service public de l’énergie pourraient investir massivement dans les énergies renouvelables s’ils peuvent emprunter de grosses sommes auprès de la Banque de France, ce qui nécessite la sortie de l’euro.

Eric RICHERMOZ est le secrétaire général du collectif. Il sort d’études de commerce (IESEG à Lille et Université de Lomonosov, à Moscou). Parmi ses stages, il sera assistant à la direction commerciale et marketing d’Areva (3 mois en 2011)... Entré au FN en 2013, à 20 ans, il est élu à la région Picardie-Nord Pas-de-Calais en 2015 sur la liste de la Somme. Il est assistant parlementaire de Sophie Montel au parlement européen et chargé de mission au Pôle société civile au sein de la vice-présidence à la stratégie et à la communication (dans l’organigramme 2015 du FN). En 2016, il est désigné secrétaire départemental du FN 80 : un pur produit « Philippot ».

Gauthier BOUCHET est le secrétaire général adjoint. Il est d’abord connu pour son investissement dans le monde du jeu (organisateur Pokémon). Il adhère au FN en 2007 (à 19 ans). Son père, le nationaliste-révolutionnaire Christian Bouchet passé par Troisième voie, Unité radicale et le MNR, le rejoint quelques mois après, sur les conseils d’Alain Soral. En 2010, Gauthier Bouchet devient secrétaire régional adjoint du FNJ et responsable du pôle internet. En 2011, il fait un voyage touristique en Syrie (il traîne encore sur le net sa photo posée devant le portrait de Bachar El Assad). Il est élu à Saint-Nazaire en 2014 et s’indigne contre le refus de vente à la Russie des BPC Mistral, qui font « travailler 800 ouvriers nazairiens et des milliers de personnes dans la sous-traitance ». Gauthier Bouchet intervient à ce sujet à un rassemblement du collectif France-Donbass (rouge-brun) pour défendre « trois positions de pragmatisme, de pur bon sens : la nécessité, premièrement de protéger notre industrie nationale […]. La nécessité de libérer notre commerce international de toutes les entraves qui lui sont faites en commerçant avec la Russie, si ça nous chante [...]. La nécessité de faire demain la véritable amitié entre les peuples... pas l’amitié de la diversité « Benetton » mais l’amitié des coopérations industrielles des nations et en premier lieu entre la France et la Russie […], sœur de culture et de civilisation […] Vive la France, vive la Russie et gloire aux combattants du Donbass ! ».

Les sections locales :

  • le Nord : Sylvie GODDYN et Baubaccar HADARA
  • la Loire Atlantique : Gauthier BOUCHET et Georges VERDIER
  • l’Indre-et-Loir : Pascal PLAZA et Gilles GODEFROY
  • le Lot : Virginie CASTAGNOL
  • le Tarn : Jean-Louis BLAVIER
  • les Pyrénées Atlantiques : Joseph DAMOUR et Mathieu CARNEIRO
  • le Vaucluse : Tanguy VERNAY
  • l’Aude
  • les Bouches du Rhône : Alexia GERONIMO et Rémi SARNET
  • le Gard : Julien GELLY et Viviane TISSEUR
  • le Var : Pierre MATHIEU
  • les Haut et Bas-Rhin : Sylvain MARCELLI

Plusieurs pages FB sont créées, assez peu actives, mis à part celles du Lot et du Tarn.

Les collectifs locales organisent quelques réunions publiques de lancement (dont une tournée organisée en octobre : Amiens, Tours, Marseille, Nantes, Strasbourg).

La section des Bouches-du-Rhône organise régulièrement des nettoyages-ramassage de détritus : sur un terrain vague (à Marseille ?), en bord de mer, une ruisseau, la plage... et se greffe à une opération de nettoyage du Vieux-Port par la fédération des sociétés nautiques. Elle prend aussi position contre Alteo et ses boues rouges.

La section de Nantes organise aussi régulièrement des réunions.

La question du climat

Un FN plutôt sceptique

Bruno Gollnisch, 2 décembre 2015 :

« Nous l’avons déjà, dit, les dogmes du GIEC qui impute à la seule activité humaine le réchauffement climatique, sont remis en question, en tout ou partie, par une large fraction de la communauté scientifique qui a peu, ou très rarement, accès à la parole médiatique […]. Ce qui est pour le coup certain et ne souffre pas de remise en cause, c’est que ce sont, ces dernières décennies, l’explosion démographique, l’extension aux pays émergents des modes de consommation et de développement propres jusqu’alors aux pays occidentaux, qui ont fortement impacté les équilibres environnementaux. »

Thibaut de La Tocnaye (conseiller Régional PACA, membre du Bureau politique du FN, délégué national à la Formation, vice-président de Chrétienté Solidarité) est actuellement conseiller de Marine Le Pen à la réindustrialisation.

En janvier 2010, il invite dans son Libre Journal sur Radio Courtoisie Camille Veyres, « ingénieur des Mines » et André Louchet « géographe, professeur de la Sorbonne », pour annoncer le colloque organisé par le Conseil scientifique du FN : « Réchauffement climatique, mythe ou réalité ? », avec :
Hugues PETIT (président du conseil scientifique pour l’introduction) ; Thibaut de LA TOCNAYE, himself (pour parler du CO2, en tant que centralien) ; Camille VEYRES (« le réchauffement climatique, comment le mesure-t-on et quelles en seraient les causes ? » en tant que polytechnicien et ingénieur des mines) ; André LOUCHET (« Jacques PAGANEL », géographe à la Sorbonne, sur l’analyse des conséquences du réchauffement) ; J-P BESANCENOT (directeur du département Santé et Climat de la faculté de médecine de Dijon) ; Serge LAROZE (ingénieur sup-aéro sur l’après-pétrole), ; Marine LEPEN (à propos de l’échec de Copenhague) ; Bruno GOLLNISH (sur les origines idéologiques de la thèse du Réchauffement). La conclusion était donnée par JMLP.

En décembre 2015, il récidive en invitant de nouveau Veyres comme « expert scientifique sur le climat » avec Rémy Prud’homme. Son libre journal traite notamment de la COP 21, « grande messe du réchauffisme ». De la Tocnaye annonce ainsi son émission :

« Nous avions organisé un colloque précurseur, avec Camille Veyres, il y a cinq ans mon cher Camille, où nous avions posé la question carrément : l’Homme est-il responsable du fameux réchauffement climatique. Aujourd’hui, heureusement, un certain nombre d’esprits libres continuent de s’exprimer et je ne peux m’empêcher de penser à Philippe Verdier, le responsable de météo, euh France [SIC]... »

Tocnaye analyse le « réchauffement climatique » comme une pseudo-religion avec une teinte de tiers-mondisme qui favorise l’apparition des « fameux réfugiés climatiques pour culpabiliser l’Homme industriel occidental ». Sur son blog, en décembre 2015, il écrit :

« Malignité encore et toujours : au moment où la grand messe de la COP 21, non dénuée d’arrières pensées mondialistes, bat son plein, le matraquage fiscal enrobé de justifications « environnementales » se poursuit. »

La COP de Copenhague et la logique de « taxe carbone » sera l’occasion pour le FN de s’insurger contre le « matraquage fiscal » et « l’idéologie fiscaliste du GIEC ». Plusieurs élus régionaux du FN s’expriment en ce sens (France Jamet, Jacques Colombier, Joël Cheval...).

Radio Courtoisie, porte-voix des climato-sceptiques

Quelques groupes organisent le paysage climato-sceptique français, autour de la société de calcul mathématique (Beauzamy), de l’association française des climato-optimistes de (Gérondeau) et du Club des groniarts (Veyres, Bardinet). Les ingénieurs à la retraite ont du temps libre : ce sont les experts scientifiques, anciens des Mines, des Ponts, de Polytechnique, pour certains membres de l’Amicale des foreurs et des métiers du pétrole... Le Club des climato-réalistes regroupe tout ce petit monde, en lien étroit avec le milieu libertarien et ultra-libéral (notamment l’Institut Turgot, Henri Lepage et Drieu Godefridi). Ces différents groupes organiseront une contre-COP début décembre 2015.

La mouvance « libéral-conservatrice » fait le lien avec l’extrême-droite. Le Club de l’Horloge (depuis 2015, Carrefour de l’Horloge) décernera le « prix Lyssenko 2010 » à Jean Jouzel et Nicolas Hulot. Dans son discours, son président, Henry de Lesquen, cite Gérondeau, comme une référence. De Lesquen est président de Radio Courtoisie. Christian Gérondeau, Camille Veyres et Bernard Beauzamy sont les interlocuteurs favoris de Radio Courtoisie pour parler d’énergie et de « la mystification du réchauffement climatique ».
NB : Aujourd’hui, beaucoup d’anciens « patrons d’émissions », dont de la Tocnaye, ont pris leurs distances vis-à-vis des positions ultra-caricaturales de de Lesquen.

Le réchauffement climatique à l’extrême-droite

Sauf dans les courants catholiques (issus de la Manif pour tous ou autour de Patrice de Plunkett), l’extrême-droite dans sa globalité refuse l’idée :

  • des doutes sur la responsabilité humaine
  • une idéologie pour imposer un nouvel ordre mondial, nouvelle arme du mondialisme
  • un moyen pour plus nous taxer
  • une propagande pour faire diversion

Le problème est surtout que la question se pose à l’échelle internationale. Difficile à accepter et même à concevoir.

La position de Laurent Ozon est éclairante à ce sujet (entretien avec Martin Peltier sur Radio Courtoisie) :

« L’effet COP 21 et l’effet « hystérie climatique » (c’est un peu excessif mais on peut parler de cela dans certains cas), c’est d’avoir vampirisé les problématiques écologiques : ça devient le centre des problématiques écologiques, alors qu’il y en a énormément d’autres. Et simultanément, comme si la crise écologique se réduisait à une problématique climatique, ce qui n’est évidemment pas le cas... elle a en même temps pour effet de planétariser cette problématique et donc de pousser les opinions publiques à penser que les solutions se jouent à l’échelle planétaire... vous voyez où je veux en venir […].
On voit ce qui se profile derrière... c’est la mise en place d’une diplomatie d’ingérence à prétention climatique et écologique qui permettra demain d’intervenir, d’exercer sa puissance « collective », entre guillemets, sur les Etats récalcitrants ou sur des groupes … et ça pourrait être d’autant plus dur que l’enjeu est présenté comme vital et urgent... »

Le Collectif Nouvelle Ecologie ne remet pas en cause l’origine anthropique du changement climatique. Il n’hésite pas à employer le terme de « réchauffement climatique » et à indiquer que le CO2 est le principal gaz à effet de serre. Mais il évacue la question de l’urgence. Surtout il recentre sur le rôle de la Nation en refusant la logique « conférence des parties » (COP).

Communiqué de presse, février 2015.

« Au Collectif Nouvelle Écologie, nous sommes pragmatiques et remarquons, comme tous les Français, que les grandes conférences mondiales sur le climat n’ont même pas dégagé de pistes claires pour réaliser la transition énergétique. Nous en sommes pourtant à la 21ème conférence. La négociation internationale, « entre les Nations », a du sens mais ne doit pas servir de prétexte aux États pour fuir leurs responsabilités nationales et souveraines.
Attendre notre salut de décisions supranationales, « au-dessus des Nations », mène à la paralysie car seules les Nations ont la légitimité et les moyens d’actions pour mettre en place de grands changements de modèle énergétique. Il ne faut pas attendre l’accord de nos partenaires chinois, américains ou indiens pour mettre en place la transition énergétique mais, au contraire, reprendre notre destin en main !
Nous constatons aussi que le modèle ultralibéral et libre-échangiste empêche l’émergence d’une culture du durable à l’opposé de la culture du jetable, de produits fabriqués à des dizaines de milliers de kilomètres dans des pays ayant peu ou pas de norme environnementale. »

Enfin, il refuse les conséquences sur les migrations humaines :

« Il y a, dans la vision écologiste des choses, un fantasme à dessein, celui des réfugiés climatiques entraînant – et justifiant moralement – l’immigration de masse dans les décennies à venir. Voilà, à l’usage des puissants contre les Nations qui par esprit de déclin abandonnent le politique, France en tête, un motif imparable, qui taxe celui qui le conteste de raciste sans compassion. »