Boite à outils

Le "livre du mardi" : La Disparition de Joseph Mengele

le 30 janvier 2018, par Christian Laine

(Presque) tous les mardis, la CNAF publie la critique d’un ouvrage en lien avec le combat antifasciste.

La Disparition de Joseph Mengele
Par Olivier Guez, Grasset, 240 pages, 18,50 euros

Après trois ans de recherches et d’écriture, Olivier Guez nous livre le roman vrai des trente dernières années de la vie du généticien SS tortionnaire d’Auschwitz, Josef Mengele, caché en Amérique du Sud de 1949 à 1979.

Débarqué sous un faux nom à Buenos Aires (l’Argentine de Juan Perón accueillant alors à bras ouverts les criminels de guerre nazis) il prendra la direction d’une fabrique de meubles et arrondira ses fins de mois en pratiquant illégalement l’avortement. Il finira par reprendre son identité et figurera même dans l’annuaire sous son vrai nom dans les années 50, une période où personne ne le cherche d’ailleurs réellement : aucune autorité ni aucun pays n’ayant fait grand chose pour le retrouver.... Dans la bonne société nazie en exil, il croise Adolf Eichmann (qui finira par être enlevé le 11 mai 1960 par le Mossad). Craignant d’être la cible suivante, Mengele fuira au Brésil où son exil sera un peu moins doré et un peu moins tranquille. En 1977, son unique fils lui rendra visite au Brésil avant de le rejeter et de changer de nom. Mengele, seul et paranoïaque, finira par se noyer en 1979 à l’âge de 68 ans.

Olivier Guez dresse le portrait d’un homme sans remords, infiniment égoïste et nazi convaincu. Un terrible monstre ordinaire qu’il décrit ainsi dans une interview : « les nazis n’étaient pas, comme on a envie de le croire car cela nous rassure, une poignée de sadiques fous et psychopathes. Il s’agissait plutôt d’hommes d’une médiocrité et d’une banalité très humaines, maillons d’un système auquel la majorité de la population a souscrit ».

Prix Renaudot 2017.

JPEG - 298.5 ko