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Le "livre du mardi" : Le PSF, un parti de masse à droite

le 22 août 2017, par Christian Laine

(Presque) tous les mardis, la CNAF publie la critique d’un ouvrage en lien avec le combat antifasciste.

Ouvrage collectif sous la direction de Serge Berstein et Jean-Paul Thomas - CNRS éditions - 2016 - 25 €

Si les ouvrages sur le FN sont très nombreux (et souvent médiocres), le reste de l’extrême droite est très peu étudié. Aussi, ce recueil des contributions à un colloque de 2014 est bienvenu et vient enfin combler le vide quasi total des études historiques sur le PSF.

Pourtant, le Parti Social français, fondé en 1936 et interdit par l’occupant nazi en 1942, mérite qu’on s’y intéresse : ce parti éphémère et atypique détient encore aujourd’hui le record absolu du nombre d’adhérents avec probablement un million d’adhérents réels en 1939 soit, à l’époque, plus que le PCF et la SFIO réunis ! C’est le seul exemple de parti de masse à droite avant le gaullisme et le seul parti d’extrême droite à avoir "réussi" en termes de militants. Autre caractéristique originale du PSF selon les contributeurs de l’ouvrage : une prise de distance avec l’antisémitisme et le fascisme. A une époque où toute l’extrême droite française affichait un antisémitisme virulent, le colonel de La Rocque, chef-fondateur du PSF, va jusqu’à exclure plusieurs cadres du parti pour antisémitisme. Enfin, de nombreux militants PSF, dont de La Rocque lui-même, participeront à la Résistance après une période d’hésitations vis-à-vis de Pétain (même si Vichy s’était inspiré du PSF, par exemple en s’appropriant la formule Travail, Famille, Patrie inventée par le PSF). Pas étonnant donc que de nombreuses contributions de l’ouvrage posent la question du caractère fasciste ou non du PSF.

Qualifié "d’énigme" par les auteurs, ce parti représente une étrangeté dans l’histoire de l’extrême droite française, un sujet décidément plus complexe qu’il n’y parait et qui ne souffre pas la facilité.

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